Ambre m’interview

Comme vous le savez, à l’heure où je vous rédige ces quelques lignes, je suis en plein “road trip BDSM” ce qui me laisse assez peu de temps pour vous rédiger des articles, et ainsi continuer mon dernier récit “la cabane dans les arbres” avec lequel je vous ai brillamment mis en haleine, à ma plus grande joie. Aussi, j’avais envie de mettre un peu à jour mon onglet “présentation” car le seul article que j’ai pu y laisser date de 2015, au moment ou j’ai commencé le blog. Depuis les choses ont beaucoup changé. Voilà pourquoi, après avoir relu une très belle interview qu’Ambre à fait de moi sur son blog il y à un peu moins de deux ans je crois, celle-ci m’a gentiment autorisé à vous la reposter ici. Vous pouvez également directement aller la relire sur son blog : http://parlonssanstabousdetout.over-blog.com/2019/12/douce-clarisse.html

Bonne lecture à vous ! Et à très vite !

Dans un premier temps, peux-tu te présenter ?

Avec grand plaisir ! Je m’appelle Clarisse et j’ai 26 ans. Je suis soumise et pratique le BDSM d’une certaine façon depuis toujours, avec dès ma sexualisation des envies très fortes et irrépréhensibles de sexe violent, de brutalité et de soumission. Aussi, je suis ronde, bisexuelle, très cérébrale et masochiste. Il y a 5 ans, j’ai rencontré Charles, un homme qui a fait de moi une vraie soumise pour la première fois. J’étais très honorée et ma vie à clairement changée à ce moment-là. Je m’accomplissais sur le plan sexuel pleinement pour la première fois de ma vie. Malheureusement, cette histoire n’était sincère et profonde que dans un sens ce qui m’a poussé à me défaire de cet homme. Ce fut pour moi le plus gros deuil de ma vie de femme, accompagnée d’un sentiment de trahison et de honte comme jamais je ne l’avais ressenti avant. J’ai traversé des moments fort difficiles et depuis quelque temps, je me relève petit à petit. Aujourd’hui, je me reconstruis en tant que soumise et je me construis tout court en tant que femme. C’est grisant et ça me rend très heureuse. Depuis 5 ans également, Charles m’a demandé d’ouvrir un blog et d’écrire mes « mémoires » de soumise voyant bien à quel point j’aimais écrire et à quel point j’arrivais à retranscrire l’émotion de mes séances avec lui. Ce blog à été mon bébé et je n’ai cessé de le faire vivre depuis toutes ses années. J’ai eu un succès que je n’attendais pas qui m’a beaucoup surpris, j’en suis toujours aussi fascinée et très heureuse. Je me satisfais de ce joli plaisir partagé entre le lecteur et moi-même.

Que représente pour toi le BDSM ?

Je suis un peu partagée. D’un côté, je ne dirai qu’il s’agit uniquement de quatre lettres, d’une case dans laquelle je me suis « rangée ». D’un autre côté, je dirais que c’est simplement quelque chose qui me caractérise. Je parle du BDSM pour donner un nom à ma sexualité hors du commun, pour exprimer mon désir pour la soumission et la douleur. Pratiquer le BDSM veut dire pour moi que je suis soumise et masochiste, mais cela ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, c’est important de le savoir.

Aimerais-tu un jour passer du côté domina ?

C’est tout simplement impossible. L’envie m’en manque d’une part et d’autre part, je n’en ai pas la capacité du tout. Ma philosophie intérieure me dit que je ne peux pas être les deux. Je pense que lorsqu’on est profondément Maître ou profondément soumise (ce qui reflète aussi une certaine forme de « qualité » dans son « rôle ») il est impossible d’être les deux à la fois. Mais cela ne regarde que moi. Un Maître qui se met à genoux n’est plus un Maître à mes yeux, et inversement pour la soumise. Ça me parait tellement évident.

Voudrais-tu une vie Dominant/soumise au quotidien ? Ou uniquement pendant les séances ?

J’ai toujours désiré une vie de soumise en permanence. D’une certaine façon, il s’agit de mon tempérament, je ne pourrais être différente de ce que je suis moi-même au quotidien, avec ou sans Maître. Je ne dis pas que je me soumets à tous, je dis simplement que la soumission, le don de soi, la servitude coule dans mes veines. Je suis faite de ce bois-là. Pour ce qui concerne la vie de couple, évidemment, je rêverai d’un BDSM qui se mélange au quotidien. Dans toutes les petites choses de la vie. J’aimerais devenir soumise et femme au foyer par exemple. Faire des enfants à mon Maître et mari serait la plus belle chose qui puisse arriver à la soumise que je suis (la femme aussi, évidemment) me tenir à sa disposition sexuellement, ce qui est déjà le cas d’ailleurs. Vivre avec mon Maître et prendre soin de lui tous les jours au plus proche de ses besoins aussi. Je me sentirai pleine et accomplie, encore plus heureuse que je ne le suis aujourd’hui.

Accepterais-tu que ton Monsieur ait d’autre soumises que toi ?

Je pense (d’expérience) qu’une soumise dont on prend réellement soin, c’est déjà énormément de travail et d’investissement. Deux soumises, c’est très ambitieux, mais pas impossible évidemment. J’en ai déjà fait un article assez fourni au sujet des sœurs de soumission : avoir plusieurs soumises, c’est faire en sorte qu’elles soient heureuses elles aussi tout en sachant bien qu’elles partagent envers le même homme le même statut de soumise. Cependant, je ne suis pas nouvelle venue ici et j’ai beaucoup de maturité cette fois à ce sujet. Partant de tous ses constats, si mon Monsieur avait une autre soumise, je pourrais l’accepter volontiers, car cela serait bien préparé, etc. Mais en réalité, la question ne se pose pas et ne se posera jamais, car je peux dire au plus profond de mon cœur que dans le sien, tant que je serais de ce monde, il n’y aura jamais que moi. C’est une certitude. Et comme, de fait, il ne dissociera jamais soumission et amour, s’il ne pourra jamais aimer que moi, alors il ne pourra soumettre d’autres femmes.

Avez-vous signé un contrat ? Avez-vous des règles ?

Nous n’avons établi aucun contrat ni aucune règle. Concernant le contrat, notre histoire est née d’une façon si particulière que nous n’aurions pu instaurer de contrat entre nous. C’est aussi bien car nous somme un couple avant d’être Maître/soumise, alors l’amour n’a besoin d’aucun contrat. C’est ce qui rend notre histoire plus belle d’un certain regard. Concernant les règles, il y en a, mais elles sont non dites. Au départ, ne pas les avoir exprimés clairement de sa part nous ont conduit à certaines mauvaises passes, mais nous en avons énormément parlé depuis ; ce sont des choses qui ne se reproduiront pas. Je ne le redirai jamais assez : la communication est à la base de tout. C’est le ciment de n’importe quel couple.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes femmes attirées par le monde de la soumission ? Pouvons-nous les mettre en garde en leurs disant que le BDSM dans la réalité n’est pas celui que l’on voit dans cinquante nuances de Grey ?

Des conseils, j’en aurais des centaines, car j’ai écumé une bonne partie du milieu BDSM virtuel et réel pour savoir de quoi il en retourne vraiment. Si je pouvais être claire et concise, je dirais :

– Sachez bien ce que vous désirez d’emblée pour ne pas vous y méprendre : BDSM oui, mais voulez-vous de l’amour ? de l’exclusivité ? une vie de couple ? Du sado-masochisme ? Car certaines femmes acceptent par défaut des choses au départ, ou alors ce n’est pas très claire et ça fini tôt ou tard par les faire souffrir.

– Prenez le temps, rien ne presse. Autant chercher des mois voire des années pour tomber sur le Maître de votre vie plutôt que d’avoir reçu des dizaines de colliers qui n’avaient aucune vraie valeur.

– Soyez qualitative : pour ce type de recherche, il ne faut pas faire de compromis. Pour vivre quelque chose de fort, il faut forcément une confiance absolue. Se soumettre à un homme approximatif, c’est prendre de gros risque pour sa vie et son cœur aussi… La déception, c’est ce qui ressort chez bon nombre de soumises après coup et quand celles-ci m’écrivent de désarroi, j’en suis toujours très bouleversée… Faites-attention donc…

Concernant Mr Grey, tu as tout à fait raison ! Cela a fait naître chez les femmes une vision très éronnée du couple BDSM, mais ça elles s’en rendent toutes compte tôt ou tard. Le plus tôt possible souhaitons-leurs.

Peux-tu nous conseiller des boutiques afin d’acheter du matériel de domination et de soumission ?

Le meilleur endroit pour dénicher du bon matériel au plus petit prix, c’est au brico et décathlon du coin. Cependant, si vous souhaitez investir et acheter du matériel spécialisé de bonne qualité, il existe des créateurs français qui font un travail remarquable. Je pense notamment à Sexy Cuir, la boutique des colliers de muse ou encore Paolo Descordes. Ils sont tous les trois sur les réseaux sociaux, pour pouvoir jeter un œil. Aussi, si vous êtes à Paris, pensez aux boutiques telles que chez Métamorphose ou Démonia.

Peux-tu nous raconter un de tes plus beau souvenir lors d’une histoire avec un Maître, à l’inverse peux-tu nous raconter une situation rigolote voir gênante ?

Mon plus beau souvenir serait le jour où il a pris mon visage entre ses deux mains, lorsque ses yeux ont transpercé les miens et qu’il m’a dit qu’il m’aimait à la folie pour la toute première fois. J’étais la femme la plus heureuse du monde ce jour-là…

La situation la plus gênante serait sans doute le jour ou Charles m’a fait rencontrer son énième coup sur son tableau de chasse, sans le moindre complexe de sa part. Une soumise qui n’en était pas vraiment une, surtout très colérique et jalouse. Cette situation déjà terrible tout en sachant qu’il fallait lui mentir sur notre relation, elle ne savait pas et ne devait pas savoir qui j’étais (pour lui, c’était très simple, mais ce fut plus dur pour moi) D’ailleurs, j’ai appris par la suite qu’il m’avait remplacé par cette femme. Mais bon, c’était sans rancune. Car j’ai toujours eu énormément d’empathie pour elle (avant, pendant et après ma rupture avec Charles) quand on sait avec qui elle s’est retrouvée, je lui laisse la place volontiers même si je n’ai aucun grief à son sujet et je suis désolée pour elle, car aucune femme ne mérite ça, vraiment.

Enfin, que puis-je te souhaiter pour les années à venir ?

Du bonheur, de la plénitude, du plaisir, beaucoup d’amour et par-dessus tout de la stabilité…

Merci infiniment à toi Ambre pour cette jolie interview…

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