Trouver sa soumise

Étant de nouveau disons Seule, pour ne pas dire « sans collier » puisque ce n’est pas le cas, j’ai fait le choix de redevenir anonyme et d’écumer à nouveau les salons de discussions BDSM, comme il y a plus de deux ans, avant de rencontrer mon Maître. J’en avais envie, je voulais redevenir la femme soumise avant d’être Clarisse.

Malgré tout, je replonge dans mes travers… Après à peine deux heures de tchat, je me rends compte qu’absolument rien n’a changé. J’ai très mal au crâne, je suis énervée et je n’ai strictement rien de concluant à la clef. Pourtant, j’en suis convaincue, j’ai tout fait pour que les choses se passent au mieux, j’ai même toléré des propos que pourtant, je n’aurais jamais dû laisser passer.

En définitive, le constat malheureux reste toujours le même : il y a beaucoup d’hommes dans ces salons de discussion et pourtant rares sont les satisfaits. Moi qui, par exemple, étais toute disposée à en réjouir au moins un, je n’ai même pas réussi à avoir une seule discussion sérieuse avec un minimum de potentiel. Étant moi-même femme soumise et désireuse d’une relation de qualité, je finis par comprendre pourquoi les femmes désertifient ce genre de site et finissent par dévaluer leurs attentes pour vivre un semblant de quelque choses afin de combler le manque de soumission en elles.

Je comprends la disparité des sexes, je me mets à la place des autres femmes : là ou moi, je fais preuve de tolérance parfois et énormément de patience et d’écoute, je suppose que nombre d’entre elles abandonnent et rebroussent chemin. Je les comprends. Alors je sais, ce que je vis personnellement n’est peut-être pas à l’image de tout ce qui peut se vivre ailleurs, avec d’autres personnes, sur d’autres sites, mais je crois néanmoins que le constat reste toujours plus ou moins le même et c’est franchement dommage.

Aussi, je ne dis pas que c’est nécessairement un problème masculin et qu’en face, la gent féminine n’ai pas elle aussi sont petit lot de « défauts » qui interfèrent également. Mais, pour cet article, avant peut-être d’élaborer l’article « adverse », j’avais le désir de focaliser sur les hommes.

Alors, je me suis demandé ce que je pouvais bien pouvoir faire pour inverser la tendance. Pourquoi y’a-t-il autant de femmes et d’hommes autour de moi qui d’un côté comme de l’autre ne trouvent pas leur bonheur ?

Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, je me rends donc bien compte qu’il y a nécessairement un malaise quelque part. Et comme je suis très bien placée pour en parler, Messieurs, je m’adresse donc à vous, pour que vous, vous qui êtes si nombreux, si désireux, puissiez enfin comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas, pourquoi vos recherches sont vaines à chaque fois et en quoi vous pourriez changer les choses radicalement sans dénaturer votre personnalité.

Je suis prête aujourd’hui à évoquer ce sujet plutôt tabou, car je n’ai peur de rien, et surtout pas des regards méchamment critiques. Je le sais, cet article découle d’une mouvance respectueuse et positive, ceux qui penseront le contraire ne me feront pas changer d’état d’esprit.

Et s’il n’était pas tabou, il reste néanmoins des plus délicats. Un article au sujet duquel beaucoup de bien-pensants rigides risquent de s’offusquer et de s’opposer.

Alors, sans pour autant vous sortir un article plein de vérités prétentieuses, je fais le choix de délier les langues et devient porte-parole d’une vaste communauté de femmes qui se trouvent dans ma situation de « recherche ». Pas de généralités faites de préjugés douteux, pas de discours jugeant et encore moins de paroles de prophète. Comme à l’habitude pour ce genre d’article, je rappelle donc que mes propos n’engagent que moi et qu’il n’est là question que de simples conseils et avis d’une femme soumise en quête de rencontres masculine et BDSM.

La fierté – avant propos.

Je sais qu’il est bien malvenu pour une soumise de venir faire une espèce de leçon de bonne conduite à des dominants. Tout n’est qu’une question de fierté mal placée. Désolée, mais c’est dit ;). J’écris cet article non pas pour faire la morale, mais pour vous apporter mon témoignage de femme soumise et vous permettre d’apprendre de mon expérience, car je suis certaine que parfois, tout n’est en somme qu’une question de détail.

Aussi, je crois qu’il n’y a pas de généralité à faire, et que bon nombre de dominants n’ont même pas à tenir compte de ce genre d’article, car ils savent déjà ce genre de B-A-BA, et ils l’appliquent avec beaucoup de naturel. Car le respect et la sagesse ne sont pas à mes yeux des principes que l’on décide d’avoir un beau jour, plutôt de belles notions que l’on apprend, que l’on intègre et qui maturent en nous avec plus ou moins de conviction au fil de sa vie.

Si je vous parlais de ces détails en vous apportant les petites solutions qui pourraient tout changer, chacun y gagnera, c’est certain, simplement, il faut faire l’effort de se mettre un instant à l’écoute et de remettre sa façon d’agir en question. Je crois même que si vous êtes un homme dominant et que vous avez la modestie de lire mon article avec bienveillance, vous êtes déjà sur la bonne voie, propice à recevoir mes propos avec attention et curiosité au moins. 

Premier contact

Premièrement, messieurs, il faut que vous sachiez : il est des choses auxquelles les femmes sont particulièrement sensibles. Vos mots, chacun d’entre eux sont d’une importance capitale et virtuellement, ils sont les seules choses de prime abord que vous renvoyez de vous à l’autre. C’est donc de cette façon que la personne en face se fait une idée de vous. Si vous abordez quelqu’un en l’insultant, il est bien normal que la personne en face ne prenne même pas la peine de vous répondre, si ce n’est pas pour vous insulter à votre tour, qui que vous soyez.

Je vous conseille même quelque chose qui vous démarque des autres, soyez respectueux, modéré et donnez de vous le meilleur. Si vous attendez de faire la bonne rencontre dites-vous bien qu’en face, ces dames reçoivent des dizaines de messages et que parfois, elles sont contraintes de faire un tri facile et rapide. Vos quelques premiers mots sont donc fondamentaux. Une femme vous répondra plus facilement si vous lui dites quelques choses de sympathique et de personnel, d’authentique, plutôt qu’un vulgaire « bonjour » triste et totalement banal. Je suis prête à parier que votre premier message fera toute la différence. Si vous faites l’effort pour elle, alors elle fera probablement l’effort pour vous. C’est la vie, donnant-donnant. Ensuite, une fois l’attention captée, je crois qu’il faut laisser parler vos personnalités respectives, ensuite cela marche… Ou pas. Mais généralement, si la discussion est entamée, toutes les chances sont de votre côté, car je crois que la plupart du temps, le plus dur reste la phase du « créer le premier contact », obtenir l’attention, une première réponse.

Les insultes…

Une agression verbale reste une agression avant tout et une soumise n’est pas par définition une personne que l’on a le droit d’agresser au premier contact. Bien entendu, certaines femmes, tout comme moi, aiment à se faire humilier, insulter, mais ça pour le savoir, il faut d’abord connaître la personne. D’ailleurs, même si moi, j’adore lorsque mon Maître m’appelait « salope » « pute » et j’en passe, justement, c’était surtout parce que c’était mon Maître, et cela ne s’est pas fait dès le premier jour. Insulter, humilier, soumettre surtout, oui, peut-être, mais pas par n’importe qui et pas comme ça. Cela tombe sous le sens à mes yeux, mais pourtant, dans au moins la moitié des messages que mon profil secret reçoit (tous sites de rencontres confondus) je me fais appeler « chienne » ou « salope » dès la première ligne, je trouve ça indigne d’un Maître, et beaucoup de femmes pensent comme moi, disons que je n’en connais personnellement aucune qui pense l’inverse. Pour moi, un Maître potentiel ne parle pas de la sorte. Bannissez ce langage avec des inconnues, c’est irrespectueux et voué systématiquement à l’échec, je vous le jure. Et si une femme vous répond lorsque vous l’insultez de chienne ou de pute dès les premières lignes, inquiétez vous-même de savoir s’il ne s’agit pas plutôt d’un faux profil (homme « déguisé » en femme).

Parler de cette façon à une femme lui renvoie à l’idée que d’emblée, vous ne la respectez pas (ce qui est très probablement vrai), et aussitôt, elle sait qu’elle ne peut pas vous faire confiance, alors à coup sûr, elle se braquera. C’est une évidence, mais vraisemblablement, il faut le dire, puisque c’est un véritable problème d’actualité dans la sphère des rencontres BDSM. Ça l’était hier et ça le reste aujourd’hui.

Le respect d’ailleurs parlons-en…

Si justement le premier contact se crée entre vous et une femme, sachez bien qu’en temps que soumise, elle se sentira vulnérable et tout naturellement, avant une quelconque soumission, elle recherchera avant tout la confiance. Car pour se soumettre, il faut nécessairement avoir confiance. J’ai toujours été tiraillée pour ma part, comme sous pression entre me soumettre d’emblée ou me montrer résistante et refuser à l’inverse, me braquer dès la première ligne. Pourtant, ces hommes à qui je parlais n’étaient rien pour moi, rien ne justifiait qu’ils se permettent de me soumettre tout de suite et moi de leur obéir, mais les choses étaient tellement systématiques que je me sentais presque « obligée »… Tristesse.. Jusqu’à ce que je rencontre mon Maître, quelqu’un qui m’a parlé d’égal et égal et qui tout en douceur et en confiance m’a proposé de me soumettre à lui. Ma soumission a même été comme un cadeau que je faisais à un homme qui était, quant à lui, tout disposé à la recevoir, et ça, je vous le jure, ça a fait toute la différence… Je crois que trop rares sont les hommes comme lui, qui pourtant sont ceux qui ont selon moi naturellement tout compris. Surtout que pour lui, c’était absolument normal qu’il ne me soumette pas directement, ne me parle pas de sexe directement, même s’il en avait très envie malgré tout. C’est pour cela que le respect est à la base de tout, si vous commencez par la respecter et que c’est l’un de vos principes les plus cher, elle le ressentira tout autant que vous saurez lui transmettre. Avec le respect en découle la confiance, et la confiance permet ensuite toutes les projections sexuelles et BDSM possibles.

Sincérité

Pour moi, c’est un fondamental également. La sincérité est à la base de tout, absolument tout. Lorsque je dis sincérité, je ne dis pas nécessairement franchise. Si vous voyez une fille qui n’est vraiment pas à votre goût physiquement par exemple, elle, en face, ne vous demandera pas de vous faire dire que c’est un laideron à vos yeux, mais seulement de lui dire qu’elle n’est pas à votre goût voilà tout. Il est inutile de mentir pour manipuler les gens, cela ne vous aidera pas à arriver plus facilement à vos fins et cela vous donnera une image de manipulateur qu’ensuite, vous ne pourrez plus effacer dans le regard de l’autre. Soyez sincère quoi qu’il en soit, ne cachez rien qui n’ait une véritable importance dans votre future relation. Ou si vous souhaitez ne pas en parler dites-le, mais ne mentez pas. Nos relations BDSM sont des relations si fortes, si intenses que nous sommes obligés de partager une certaine part d’intimité entre nous plus ou moins grande, et pour cela, il faut nécessairement se mettre l’un et l’autre à nu. Une femme appréciera davantage que vous lui disiez direct qu’il n’y aura jamais d’amour entre vous plutôt que d’omettre à chaque fois qu’elle tentera d’aborder le sujet pour la mettre à la rue le jour où elle sera totalement éprise et amoureuse.

Je crois que tout peut être entendu dans notre milieu et que tous les cas de figure sont possibles, alors autant être franc et démarrer d’emblée sur des bases saines.

La manipulation est bien difficile à déceler chez l’autre, mais croyez-moi, cela fait d’énormes dégâts, alors par pitié, soyez humain ; soyez sincère.

Aussi ne cachez pas votre caractère, soyez vous-même, car comme on dit « chasser le naturel, et il revient au galop »

Les ordres / la soumission

Il est d’usage que dès les premières conversations, la prétendue soumise face au dominant se soumette de façon plus ou moins dissimulée. Je ne trouve pas ça normal pour ma part. Ce sujet fait grandement débat dans le milieu, mais pour moi il n’y a pas d’hésitation possible. Cela n’enlève bien évidemment rien au respect que l’on se doit mutuellement, mais les petites réflexions du genre « appelle moi Monsieur ! », c’est déjà un ordre et je trouve ça dommage. Car à votre place messieurs, j’aurai à cœur de gagner la soumission de ma partenaire plutôt que de lui imposer brutalement dès les premiers échanges. De la même façon, j’apprécierai d’avoir une partenaire qui ne se soumet pas comme ça, aussi vite et avec n’importe qui. Je me répète encore et encore, mais être soumise ne veux pas dire qu’il faut dire Amen à tout et ne jamais broncher, surtout avec des inconnus. Aussi, même si je ne parle toujours que de mon propre ressenti, surtout pour des sujets si sensibles, je crois que cela rassure mes semblables de voir qu’en face, le dominant potentiel ne cherche pas immédiatement à mettre le grappin sur sa proie comme un homme fier et possessif, impatient. Gagner la soumission d’une femme reste pour moi un travail lent et minutieux, laborieux peut-être, mais plus profond et élaboré qu’une mise en exécution immédiate et dénuée de sens. Car c’est exactement ce que recherche une soumise, qui elle préférera toujours instaurer une relation D/s lentement, mais de façon plus stable et cérébrale, tandis que vous les hommes pensez plus facilement à consommer en passant sur des petits détails qui pourraient vous sembler sans importance. (Pas de généralité, je sais bien que vous n’êtes pas tous comme ça heureusement, je tiens à le dire au cas où, le reproche peut être facile parfois ;) )

Pour cela aussi, chacun son discours et sa façon de mener les choses, je le comprends bien. Également, une soumise n’a pas à se soumettre à vous tant qu’elle ne vous appartient pas, libre à vous de l’accepter ou non, mais cela ne peut pas lui être reproché, en aucun cas. D’ailleurs, j’encourage même les femmes à ne pas se laisser mener par des inconnus qui peuvent tantôt être bienveillants, tantôt manipulateurs et sans intérêt. Car ce qui est épuisant lorsque l’on recherche un Maitre, c’est d’avoir à donner de sa personne en se pliant à des hommes qui disparaissent ensuite d’une minute à l’autre, qui mentent et qui se permettent bien des choses qu’il serait inacceptable de faire du point de vue opposé. Et ça c’est terriblement injuste et décourageant.

À ces dames donc de déterminer leurs propres limites et de les faire respecter. Si vous messieurs, vous offusquez violemment, parce que ses façons de faire ne vous correspondent pas, alors libre à vous de mettre fin à la conversation, avec explication et tact, plutôt que de chercher à forcer pour qu’elle vous obéisse davantage : ce sera l’échec à coup sûr. Ce n’est pas ainsi que l’on gagne une femme, même soumise. Et si au passage ces quelques mots arrivaient à faire déculpabiliser certaines femmes cela me ferait plaisir !

Tolérance

Je voulais terminer sur ce point, car si vous lisez cet article en vous disant au début « chouette, enfin, je vais comprendre pourquoi je n’y arrive pas » et que vous vous rendez compte que tout ce que je viens d’énoncer était scrupuleusement respecté alors il ne reste plus que ce petit point subtil qui vous discrédite.

Je sais que les hommes dominants peuvent être parfois très fiers et très stricts, le tout étant pour moi de ne pas devenir totalement intolérant. L’erreur est humaine, et les défauts sont parfois mignons, ne culpabilisez pas votre soumise si un jour, elle a oublié un petit quelque chose, si par mégarde, elle vous a tutoyé sans s’en être rendu compte, cela m’est déjà arrivé, et même si j’étais toute gênée ensuite, je ne me suis pas prise de raclée. J’aurais trouvé ça injuste d’ailleurs… Au-delà de la sévérité, l’intolérance. Je pense qu’une soumise bien éduquée comprendra toujours votre sévérité, si tant est qu’elle ait du sens pour vous deux et un brin de pédagogie derrière, cependant, l’intolérance, car cela est autre chose… Qui laissera penser à votre soumise qu’elle est davantage souffre-douleur qu’en cours d’éducation. Car l’éducation, c’est bien ce que cela veut dire ; apprendre et non pas se faire sanctionner.

Pour terminer, n’ayez pas la haine, certaines femmes, même avec toute la bonne volonté du monde ne prendront peut-être même pas la peine de vous dire « non merci ». N’en soyez pas aigri et bien qu’un peu déçu j’imagine, tournez la page et passez à autre chose. Je suis persuadée qu’il y a des couples fabuleux faits d’hommes et de femmes qui n’attendent que de se rencontrer. Mais par ailleurs, je sais aussi qu’un rien peut tout faire basculer alors soyons tous ouverts et attentifs, patients et tolérants !

En espérant pouvoir vous permettre messieurs d’aboutir dans vos recherches, je vous encourage à ne pas lâcher et d’aller au bout de vos rêves BDSM, quels qu’ils soient.  

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