Fouettée

Pour cet article, nous vous offrons, @Esshhi (qui s’est portée volontaire et a accepté de se prendre au jeu) et moi-même le récit de cette séance en version vocale et écrite.

Je vous conseil donc de prendre un petit quart d’heure seulement, de vous installer confortablement dans un coin calme et de vous laisser porter par sa jolie voix le temps d’une séance riche d’émotion !

Bonne lecture à tous 😉

En ce bel après-midi ensoleillé et chaleureux, j’ai pris la route afin de retrouver Mr N. pour la seconde fois. Je portais une combinaison noire transparente sous un corset dégageant joliment ma petite poitrine, et une jupe noire tout ce qu’il y a de plus simple. C’est lui qui a décidé de ma tenue, ce qui me va très bien. Tout ce contrôle sur moi que je lui laisse me plaît beaucoup. C’est de cette façon que je me donne à lui petit à petit.

 

J’arrivais un peu stressée, curieuse et inquiète du sort  qu’il comptait me réserver ce jour-là. N est quelqu’un d’assez mystérieux avec moi, je n’ai donc que mon imaginaire pour tantôt me rassurer, tantôt m’effrayer lorsque je le retrouve…

 

 

Ses idées fertiles et perverses à mon sujet fusent toujours dans nos échanges. Sur l’instant, c’est terriblement plaisant, de savoir qu’un jour il m’offrira à des hommes, qu’il me fera vivre des moments forts dans ma vie de soumise, mais lorsque je suis au pied du mur, tout a coup, je ne fais plus la fière.

Je toque à sa porte, envahie par un doux sentiment de plénitude et de bonheur, faisant tomber toutes mes appréhensions du moment. Je rassemble mes idées et me concentre sur lui, comme si j’enfilais psychologiquement mon habit de soumise. Quoi qu’il se passe, je serais heureuse d’être là, j’ai envie de lui faire confiance et de me donner raison de le faire. Tout commence bien par là non ? La confiance. J’ai envie de le laisser faire des choix pour moi, les bons. Quoi qu’il fasse de mon corps, je le lui donne en offrande, m’en remet totalement à lui.

Je rentre dans sa garçonnière en affichant un large sourire. Je suis si contente d’être là, et j’ai très envie de lui permettre de passer une belle soirée. J’ai des petits cadeaux pour lui. Je lui offre une bonne bouteille de rhum, un alcool qu’il apprécie particulièrement. Aussi, surtout, je lui fais découvrir un magazine que j’aime beaucoup : le bateau. (Petit aparté : je vous conseille  fortement de vous y abonner, vous ne pourrez pas le regretter, je suis totalement séduite par ce magazine, plus d’informations ici : https://www.lebateau.org/) Je lui laisse le feuilleter, avant de terminer par lui laisser une culotte toute spéciale que j’ai commandé rien que pour lui. Malheureusement, j’aurais beaucoup aimé la porter, mais je n’en ai pas eu l’opportunité. Il faut que ma chatte lui soit d’un accès libre et facile, ce genre de culotte est donc totalement proscrite lors de nos rencontres.

Ensuite, c’est à son tour… N. me fait m’installer à genoux, devant son fauteuil. J’attends sagement. Lorsqu’il se rassied, il tient deux carnets entre ses mains. L’ambiance est douce, très solennelle. Je suis sage, pleine d’enthousiasme et de curiosité. Le premier est pour moi.  Sobre, vide surtout, prêt à être rempli par mes soins. Monsieur m’explique ; désormais, c’est dans ce carnet que je lui écrirai tout ce qui se rapporte à lui, à ma soumission et à ma sexualité. Aussi, plus largement, tout ce que j’aurais envie de lui écrire, je pourrais le faire dans ce carnet. Nous en avions déjà parlé tous les deux, je savais que je recevrai ce carnet ce soir-là. Le second est différent, il est rempli. C’est le premier d’une longue série qui a débuté il y a des années de cela. Je suis surprise qu’il m’offre autant d’intimité en devinant rapidement de quoi il s’agit. Il l’ouvre, et en commence la lecture. Ainsi, je découvre la naissance de la relation qu’il vit avec sa soumise, de sa plume à elle. Je l’écoute avec beaucoup d’attention et je trouve leur histoire très belle, son regard sensible met en exergue la beauté de leur relation et je me sens privilégiée d’y avoir accès en l’instant. Mr N. semble ému et très fier des mots de sa soumise, c’est beau à voir.

Après ce petit moment fort sympathique mais tout aussi sage, nous passons à autre chose. Je me rapproche de lui avec délicatesse, je me frotte à sa cuisse comme une petite chatte tandis qu’il me caresse la joue. Nous sommes bien, détendus. J’ai l’appétit féroce et tente déjà d’aborder son sexe du bout des lèvres, au travers de ses vêtements. J’y parviens, ma façon toute personnelle de lui faire mes hommages, avec un grand partage de plaisir ! Sucer, c’est vraiment quelque chose que j’aime, et qui plait toujours, c’est donc la meilleure des façons pour moi d’honorer un homme, qui plus est dans une relation D/s pleine d’espoirs d’évolution.

Je m’applique sur lui comme toujours et donne évidemment le meilleur de moi-même. Je m’alimente de toutes ses félicités, ses commentaires encourageants sous ma langue déterminée. Je suis gourmande et j’aime tellement ça. Nos regards échangés pimentent tout et petit à petit je me dévergonde.

Monsieur va ensuite chercher le collier qu’il passe à mon cou, marquant ainsi le début de notre séance. Je suis conduite à quatre pattes dans une autre pièce d’un doigt dans l’anneau du collier, ou Monsieur me fait déshabiller. Je me demande bien ce qu’il va faire de moi désormais. Il me fallût peu de temps pour comprendre…

Sa caresse sur mon dos, douce mais piquante, celle des orties franchement cueillies me procurèrent de belles sensations. Je laissais Monsieur les passer sur mon dos, et déposer à chaque fois de petites piqûres qui devenaient rapidement des brûlures puis des démangeaisons. Mon dos, copieusement fouetté, puis mon cul et ma chatte. J’étais brûlante, me dandinais un peu plus à chaque fois.

Monsieur, excité, me branlait ensuite. Ma chatte brulante et irritée mélangeait brillamment les sensations. J’ai adoré cet instant, me procurant une jouissance des plus délicieuse. Mon corps n’était plus que qu’une enveloppe de peau en feu renfermant des spasmes de plaisir orgasmique ! C’était une première pour moi dont je me souviendrai longtemps.

Cela étant, je reprenais à nouveau Monsieur dans ma bouche, pour le remercier. Dans l’engouement de l’instant, il me prit fougueusement. Mon dos me brûlait et ma chatte lançait des décharges à chaque fois que sa queue me pénétrait. Quel moment de plénitude ! Mélangeant douleur et plaisir comme jamais. Lui en moi, je laissais éclater un nouvel orgasme en branlant mon clito gonflé de douleur, d’excitation. Simultanément, Monsieur lui aussi déchargeait, en libérant tout son sperme sur mon ventre.  Puis, de ses deux mains, il a étalé son foutre sur moi. J’ai aimé me sentir ainsi couverte, marquée, imprégnée de lui. Pour finir, il me fit nettoyer ses mains de ma bouche en léchant ses doigts un à un. J’y pris énormément de plaisir.

Ensuite, nous nous sommes dégagés un instant pour échanger, redescendre un peu tous les deux. Monsieur me fit découvrir les vidéos de Master Costello, un homme d’une grande classe. Puis, divaguant de conversations en conversations, nous reparlions de mes seins, qui sont, je lui rappelle, très sensibles. Il décidait, pour rester sur le thème, de me faire découvrir des pinces à seins, qui, selon lui, sont très redoutables, surtout à la dépose. Il me les installe et je souffre instantanément. Effectivement, c’est très douloureux, mais a priori, ce n’est rien comparé au moment où il faudra les retirer… Je suis ravie de l’apprendre.

 

Monsieur se joue de moi. Il dépose une clochette sur l’une des pinces. « Si je l’entends cette clochette, tu seras punie ». Je suis alors à genoux, les fesses reposant sur mes pieds, et nous démarrons un compte à rebours de 5 longues minutes.

Je souffre, j’ai l’air douillette mais les seins sont pour moi l’une des zones les plus sensibles de mon corps. Par chance, je ne fais aucun bruit. Monsieur me retire les pinces, me provocant d’assez vives douleurs… J’ai beaucoup de peine. Les pinces laissent sur mon tétons une trace franche et profonde, je suis impressionnée.

 

Puis, il me relève. Je m’exécute. Je désire vivre encore plus ce soir-là, je crois bien que lui aussi. Il me découvre, cherche mes limites. De mon côté je souhaite les lui montrer, mais surtout aller plus loin avec lui. Ce sentiment de « rupture » dans la douleur me manque terriblement, il le sait, nous en avons déjà parlé lui et moi. Voilà presque deux ans que cela ne m’est pas arrivé. Cependant, je suis persuadée qu’en dehors de Charles, personne ne sera plus jamais capable de m’accompagner dans de tels endroit à l’avenir. Je me suis quelque part résolue à faire le deuil de tout ça… C’est ainsi, je m’y suis faite…

« Penses-tu pouvoir te tenir au harnais sans que je ne sois obligé de t’y attacher ? »

Son air est grave, sérieux. L’ambiance change aussitôt, nous ne blaguons plus.

« Oui, bien-sûr » lui répondis-je tout excitée. M’apportera-t-il ce dont j’ai envie pour ne pas être déçue de l’expérience ? Osera-t-il ? Ou peut-être est-ce moi qui plierai dans quelques secondes tant il sera dur et sévère ?

J’inspire profondément, décide de fermer les yeux…

Il s’empare d’un long fouet. Délicatement, il tourne autour de moi. Sa main droite passe sur ma taille, dans mon dos, comme le point de connexion entre son corps et le mien, un fil rouge qui ne se coupera jamais tout au long de ce moment purement sado-maso. Au fil des passages, les coups de fouets s’intensifient, très délicatement. Les premiers coups sont doux, tels  une caresse, et puis, avec le temps, je ressens la lanière s’enrouler autour de moi. Les coups, graduels, commencent ensuite à me mordre. J’arrive à ressentir la fine tranche de cuir s’éclater sur ma peau. C’est comme si pour la première fois de ma vie, je goutais à quelque chose de nettement plus savoureux et raffiné en matière de sadomasochisme. Daddy est très calme, très concentré. Lorsque je le regarde, il fixe ma taille du regard, et tourne encore et encore autour de moi. Sa main « connectée » ne me quitte pas. Les coups pleuvent, sur mon ventre, le haut de mes cuisses, mes flancs, mes fesses et le bas de mon dos. C’est une sensation qui m’est à la fois familière tout en étant sensiblement différente. Je savais qu’il fallait beaucoup de savoir faire pour bien fouetter quelqu’un, je le constate aujourd’hui. La chaleur de mon corps ne cesse de grimper, moi qui fébrile, avait déjà bien chaud avant ça. Je ne retiens rien, et décide de me laisser gagner par l’émotion. Je gémis, me tords dans tous les sens.

J’absorbe, je savoure, j’adore ! Je me surprends même à ressentir l’envie d’en recevoir davantage. J’essaie de lui transmettre ça d’une façon très subtile et détournée. Ainsi, je lui montre que j’aime beaucoup ce qu’il me fait et qu’il peut continuer encore. Je ne saurais dire combien de temps tout cela a pu durer, mais lorsque Monsieur N. décida de s’arrêter, j’étais tiraillée entre le désir de continuer et la sensation déjà très forte d’un fouettage éprouvant.

Mon corps et mon esprit s’étaient déconnectés. Je me retrouvais en quelque sorte seule avec moi-même, seule avec les coups de fouet, entourée de douleur, d’une chaleur intense, mais surtout d’un plaisir infini ! Ma chatte était bien évidemment trempée, et lorsque je sentis l’humidité couler le long de mes cuisses, j’eu de terribles flash-back.

Voilà, Clarisse, tu y es. Tu es là ou tu veux être, là où tu te sens bien, là où ton corps jouis, là où le désir pousse aux limites, là où tes peintures les plus sombres révèlent enfin toutes ses véritables couleurs, les plus somptueuses, les plus flamboyantes. Cet instant si court, celui d’un moment capturé qui ne ressemble à aucun autre. Celui où tu as l’impression de quitter tout le superficiel pour enfin réussir à te connecter juste à l’essentiel. L’essence même de ta nature, celle qui fait couler la sève de tes profondeurs pour remettre en vie chacune des parcelles de ton être.

J’ai le cœur au bord des yeux mais, pour cette fois, je ne pleure pas. Tout du moins très peu. Alors que d’habitude je suis envahie de très grands sanglots, me voilà aujourd’hui très pondérée. Je suis convaincue que le savoir faire et la délicatesse de Monsieur N. n’y sont pas pour rien. Je trouve ça simplement fabuleux.

Comme une évidence, il se mit juste en face de moi après s’être délesté de son fouet. Sans bouger, je devinais  qu’il se mettait à ma disposition, en attendant que je me retrouve auprès de lui. Mes bras semblaient bloqués au harnais, l’émotion sans doute. Lorsque je réussis à les décrocher, je manquais vraisemblablement de force. J’ai eu la sensation de retenir mes bras pour ne pas les laisser tomber d’eux même sur ses épaules. Je n’osais pas trop le toucher. J’ai toujours cette même sensation de repli sur moi même assez étrange. Je sais que c’est justement l’instant charnière où il ne faut pas rompre ce lien fragile qui nous unit, mais mon esprit lui ne demande qu’à être abandonné. Je sais qu’il faut que je le fasse, ce qui m’empêche une certaine forme de dérive émotionnelle.

Je me recentre donc sur lui et resserre mes bras autour de son cou. Je le remercie au creux de son oreille. Je suis si émue, chamboulée. J’ai l’impression d’avoir mille pensées qui m’envahissent tout en ayant pourtant la sensation d’avoir fait un vide magistral en moi. Je me sens juste bien… Incroyablement bien… Quelle émotion…

J’essais de rattrouper mes esprits, ne pas rester accrochée à lui telle une sangsue. Lorsque je m’écarte, je cède à nouveau sous l’émotion. J’ai, je crois, réellement besoin de me recentrer sur moi, de marquer un instant de transition que je sens fondamental  et inévitable.

Assez naturellement, je m’agenouille, pose mes mains au sol, devant moi, pour finir par coller ma joue sur le parquet. Ce sentiment de solitude, au ras du sol, me réconforte davantage. Et là, je cède vraiment… Je reste ainsi, mais je ne souhaite pas l’effrayer. Comme ça, il ne me voit pas pleurer, je suis seule avec moi-même, et j’exulte tout ce qui bouillonne en moi … J’écourte, même si je ne me rends pas compte du temps que j’ai pu passer dans cette position-là pour être tout à fait honnête.

Après avoir pris le temps nécessaire, je le remercie encore. Je baise ses pieds, comme il est d’usage de le faire. Je me sens alors si reconnaissante, profondément reconnaissante. Baiser ses pieds semble pour moi être une compensation si mince face à tout ce qu’il vient de m’offrir.

Une fois debout, épuisés de cette soirée, nous pensons à aller nous coucher. Mon lit de fortune au pied du sien est préparé, avec soin d’ailleurs, celui de sa soumise, qui a tout mis en place pour moi. Dormir à ses pieds me réjouis vraiment : j’aime vivre ma soumission ainsi, j’adore même.

« Regarde ton ventre, tu as vu ? » Me dit-il avec une pointe de surprise. Là, je découvre ma peau meurtrie et déjà couverte de tâches linéaires violacées. Je détourne mon regard, je n’arrive pas à voir ça. Je ne me suis rendu compte de rien et ça me fait mal de me voir ainsi. Je crois que je suis trop impressionnée pour assumer…

« Si, regarde-toi, s’il te plait » Mais mon regard fuit encore. Il m’apporte un miroir devant lequel  je me dresse. Je regarde avec  stupeur. Ainsi, je peux voir mon ventre recouvert et ma cuisse bariolée à l’extrême. Je n’ai  jamais été marquée ainsi, jamais.

« Tu dois être fière des marques que je laisse sur toi. Fière de ta condition, fière de ce que tu es, et de ce que je t’offre. Et lorsque je te fouette, je t’offre la douleur mais je t’offre ça aussi. Vraiment, soit en fière. Maintenant, tu pourrais passer les 15 prochains jours avec mon propre souvenir à même ta peau. »

Sur ces mots, nous terminons cette belle soirée.

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