BDSM et cérébralité

Le BDSM, de mon regard, semble habité par une dualité toute particulière que j’aimerais mettre en avant dans cet article. Je veux évoquer cet attrait marqué pour d’une part l’animalité poussée parfois à l’extrême et cette excitation à l’opposée que l’on applique au travers de mots, d’attentions, d’attitudes. Le cérébral en somme. Le BDSM est un savant mélange d’animalité féroce et d’une dentelle de stimulus cérébraux qui passent parfois par un regard, un contexte, une façon d’être qui peut nous exciter au-delà de toute stimulation charnelle.

Souvent, j’ai entendu Charles dire qu’il pouvait prendre autant, voire même plus de plaisir à me voir pleurer, me faire supplier, me voir haletante, offerte que de basiquement bander et se faire jouir. D’ailleurs, dans certaines de nos séances, il lui arrivait de ne pas jouir, ni même bander.

Je crois surtout qu’au-delà des apparences et des raccourcis facilement trouvés par le monde extérieur, le BDSM s’exprime énormément par un penchant cérébral qui, sans nul doute, s’il est bien exploité, rend le sexe BDSM très « mature » et très abouti. Safe, sain et consensuel, bien sûr. C’est ce qui rend cette pratique sexuelle intense et tellement excitante.

Jouir du corps et de l’esprit

En regardant 365DNI, tout comme 50 nuances de Grey sans nul doute, je me suis fait cette réflexion qui revient assez souvent chez moi : l’aspect psychologique qui est mis en avant dans ces films (que je ne cautionne pas toujours, c’est un autre débat.) fait partie des choses qui m’excitent. Comme, je présume, toutes les femmes qui regardent et apprécient ses films, qu’elles soient pratiquantes BDSM ou pas. L’idée de se retrouver captive d’un homme au sang chaud qui veux vous sauter sauvagement d’une seconde à l’autre sans que vous ne puissiez y résister est, je dois dire, quelque chose qui me fait terriblement fantasmer.

Lorsque l’on me dit « à genoux ! » sans préambule avec une voix ferme et déterminée, je ressens une montée d’excitation plus forte encore qu’un cunnilingus par exemple.

Certains regards noirs, certains mots, arrivent à me provoquer de réelles décharges d’excitation clitoridiennes que n’importe quelle stimulation physique n’arriverai pas à reproduire. Ce qui est, je dois dire, assez incroyable.

La frustration, également, est un bel exemple de cérébralité, où l’on en vient même à fantasmer ses propres orgasmes.

La torture psychologique l’est tout autant. J’ai souvenir d’un jour, attachée, où l’on a susurré à mon oreille en me prenant fermement par la mâchoire « je vais t’utiliser comme un objet, je vais te prendre le cul et te baiser jusqu’à jouir et tu n’y prendras aucun plaisir. D’ailleurs, je ne voudrais pas t’entendre pousser le moindre cri, je te veux silencieuse. Tu es prévenue, ne gâche pas mon plaisir » Vous n’avez pas idée à quel point cela m’a excité et à quel point il disait ça pour mon plaisir et non le sien en finalité.

C’est par le cérébral que s’exprime la part de vice en nous. D’où l’importance capitale des mots dans notre univers sexuel.

Le charisme

J’attache, je pense, par mon attrait pour la cérébralité, beaucoup d’importance, inconsciemment, au charisme des hommes auprès de qui je me suis soumise. Savoir s’exprimer, avoir le discours dur et intransigeant, être capable de m’exciter par ses mots, mais aussi par sa prestance. Voilà pourquoi sur Internet les hommes qui nous abordent en messagerie instantanée avec un « soumets-toi sale chienne » n’ont rien compris. Ceux qui réussissent à ouvrir réellement la porte vers de belles discussions avec une soumise sont les hommes qui ont compris qu’il s’agit avant tout de faire ses preuves d’orateur, de montrer ses atouts cérébraux et leurs Maîtrise plutôt que leurs pulsions animales dénuées de toute classe. D’ailleurs, c’est de là que naît toute la confiance qui permet aux soumises de se donner réellement et sans retenue par la suite. La confiance est un véritable pilier.

Qu’en est-il alors de la sapiosexualité ?

Ce mot est assez mal utilisé, car par définition, la sapiosexualité est le fait d’être sexuellement ou sentimentalement attiré par des personnes intelligentes, instruites ou charismatiques. C’est donc encore différent de l’attirance pour la cérébralité dans les ébats. À ne pas confondre donc, même si l’un ne va pas sans l’autre, à mon avis.

Et vous ? Quelle importance attachez-vous à la cérébralité dans votre sexualité ? Quelles sont vos expériences les plus marquantes à ce sujet ?

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