Les fluides

Qu’il s’agisse de sperme, de cyprine, de salive ou même d’urine, les fluides sont pour moi des éléments fondamentaux d’excitation au plein cœur de mes séances BDSM. J’y songeais il y a quelques jours et je me suis demandé pourquoi tous ces fluides du corps avaient ce pouvoir érotique si puissant sur moi ? D’où l’idée d’en faire un article. Je vous livre ici mon ressenti, mon avis et mon rapport tout personnel aux fluides des corps.

Aussi, en guise de préambule, je voulais vous avertir. J’ai essayé d’organiser ma pensée pour structurer un peu ce que vous vous apprêtez à lire. J’ai bien essayé, mais je n’ai pas réussi dans le sens où tout s’entrecoupait à chaque fois. Je me suis dit qu’il faudrait peut-être créer un article pour chacun des dits fluides, et puis finalement, j’ai décidé de me laisser voguer au gré de mes expériences, de mes réflexions et laisser le texte s’écrire de lui-même. J’espère simplement que cela ne sera pas trop “fouillis” pour vous et que vous ne m’en tiendrez pas rigueur 😉

L’expression du plaisir

Premièrement, la base, c’est ça. Si j’aime tant la cyprine et le sperme (entre autres), c’est parce qu’il s’agit avant tout de l’expression naturelle et bien primale du plaisir de l’autre, le sien aussi. Mouiller, « squirter » et jouir sont des actes hautement puissants, car ils traduisent un état d’excitation fort, parfois même extrême.

Donner et recevoir

Car c’est aussi ça, les fluides du corps, pour celui qui les reçoit avec envie. C’est l’acte fort de se partager avec l’autre, d’aller donner un peu de ce que l’on a de plus intime en nous. Donner, c’est très fort, recevoir, c’est très gratifiant.

L’impact psychologique et hormonal

Oui parce que dans le fond, pourquoi j’aime tant toutes ces choses ? L’aspect hormonal, que je devine, doit jouer un rôle manifeste, même s’il est parfaitement transparent. Par ailleurs, je pense que l’aspect cérébral prime sur tout. Recevoir le sperme de mon Maître, c’est recevoir de lui quelque chose de noble, et de très engageant parfois. Tout à son importance, selon le fluide, les situations et les attitudes.

Dans mon BDSM, les fluides de mon dominant sont très sacralisés. Je prends toujours tout comme une offrande, et je suis même émue à l’idée de recevoir au plus gratifiant et érotique le sperme, au plus humiliant et honteux l’urine. Il y a aussi cette petite goutte de lubrifiant naturel qui perle généralement au bout d’une queue lorsque je l’excite très fort. J’adore la voir naître, la faire grossir en tentant quelques pressions avec les doigts pour venir de ma langue délicatement m’abreuver de ce doux nectar, les yeux dans les yeux avec mon partenaire. Diable que c’est excitant ! La fierté du donneur face à la satisfaction du receveur mêlée à ce petit jeu d’excitation et de provocation érotique me donne vraiment des frissons !

Me jouir dans la bouche par exemple, c’est tout à fait spécial. C’est prendre ce que mon Maître me donne, le goûter, le savourer même, jouer avec, en être fière. Le pouvoir érotique du sperme dans la bouche est sans limite. Je pense notamment à ces envies qui me gagnent parfois comme celle de me voir manger un plat, boire une boisson qui soit agrémentée du sperme de mon Maître. Celui de jouer avec le sperme dans la bouche d’une femme aussi. Je crois entretenir un rapport très intime et particulièrement érotique avec ma bouche. Jouer avec, lécher, y introduire des choses, faire plaisir avec sont pour moi des actes qui me plaisent vraiment. Symboliser l’offrande, être source de toutes les douceurs et les gourmandises possibles, voilà ce que ma bouche représente pour moi sexuellement. Nécessairement, y recueillir de la cyprine ou du sperme devient le « must have » dans mes séances.

L’humiliation peut être quelque chose de très fort par le biais des fluides, je pense notamment à l’urine. Aussi, avec le sperme, d’où l’expression très humiliante du « sac à foutre », entre autres. N’être qu’un réceptacle, c’est divinement excitant pour celui qui apprécie ce genre d’humiliation !

En parlant de la bouche, le goût à son importance. Le goût âpre et salé de la cyprine m’est très agréable. Chacune des femmes que j’ai rencontrée ayant un goût et une odeur différente, j’ai aimé à la découvrir pour chacune d’elles. D’ailleurs, ça me fait penser à cette barrière de l’intime, que je devine facilement entre les hétéroflexibles et les bisexuelles/lesbiennes, les unes et les autres n’ont pas les mêmes limites en matière d’acceptation des fluides. Certaines seront totalement refoulées par l’idée de porter sa bouche à l’intimité humide d’une femme tandis que d’autres trouveront ça puissamment érotique.

L’odeur a son importance elle aussi, je me souviens que parfois, lorsque Charles quittait mon appartement, après m’avoir baisé copieusement, il me mettait froidement quelques doigts, pour pouvoir repartir avec mon odeur sur lui. Je le vois encore sur le pas de ma porte, à sentir le bout de ses doigts en me regardant vicieusement dans une grande inspiration de délectation. C’était une sorte de monnaie d’échange entre nous et de caution pour la visite suivante. C’était tellement agréable, et 100 % cérébral.

Concernant l’urine, qui peut avoir un goût très fort, elle possède un pouvoir du plus humiliant et dégradant qu’il soit. Recevoir l’urine de l’autre sur soi, voire même en soi, c’est encore un acte très fort ! Le BDSM s’alimente des pratiques les plus décalées et hors de la norme sociétale en matière de sexe et c’est en ça que les adeptes sont particulièrement attachés aux pratiques mettant l’urine en jeu. Pour moi, les jeux d’urine sont particulièrement humiliants, ce qui rend le plaisir dans l’acte exclusivement cérébral. J’aime être souillée, humiliée de la pisse de mon Maître tout en étant extrêmement fière de la recevoir.

La connotation aussi à chacun des fluides a son importance de taille. Le sperme est toujours vu pour moi comme la transmission génétique, le plus grand don de soi-même qu’un homme puisse sexuellement m’offrir. Le fluide qui féconde, réveille toujours en moi le désir primal d’être fécondée. Par exemple, j’ai totalement sacralisé l’éjaculation vaginale. À dire vrai, ce que je confie très peu, voir jamais, c’est que dans ma vie sexuelle, seules deux personnes ont eu cette « chance » que de jouir dans mon vagin. Non pas que je n’ai pas eu l’opportunité de le faire davantage, mais surtout parce que ce n’était pas un acte que je réserve à tous les hommes que je croise ! J’estime que ce type d’acte relève de quelque chose de tellement intime, et je me sens moi-même si pudique avec ça. Je suis une femme si libre sexuellement, mais si préservée par ailleurs. C’est l’image que j’ai de moi et qui me réjouit, je suis « utilisée » mais pas « salie » (ma vision totalement personnelle de moi-même).

D’ailleurs, la première fois que mon Maître a joui en moi, j’exprimai le désir de tout garder à l’intérieur et j’ai passé un long moment à savourer ce que j’étais en train de vivre. Vous n’imaginez pas la fierté et le plaisir infini que j’ai eu à me balader, cul nu, en jupe, dans les rues de ma ville en étant pleine du foutre de mon Maître. Lorsque j’ai senti couler trop fort celui-ci le long de ma jambe, j’ai eu peur de perdre un peu de cet instant magique. J’ai dû me résoudre : je suis parti me cacher des regards dans les toilettes les plus proches de chez moi et j’ai commencé à jouer avec le sperme de mon Maître en moi. Je m’en suis mis plein les doigts, je me suis doigté encore et encore, j’ai fini par jouir les doigts pleins de sperme, entremêlé à ma cyprine avant de finir par tout retirer et prendre une bonne douche une fois chez moi.

Ce fut l’un des moments les plus beaux pour moi qui démontrait le lien si fort et si puissant entre lui et moi. L’idée qu’il ait laissé sa trace en moi… C’était l’acte ultime de possession.

Je n’ai encore pas eu l’occasion de parler de la salive, je crois. Car c’est quelque chose qui représente pour moi le moins de pouvoir érotique. J’estime que la salive, c’est le premier contact. La première fois que l’on goûte l’autre.

Cependant, il est possible d’en faire quelque chose de très sympathique. Je pense notamment au crachat. C’est dégoutant. Je n’aurais jamais pensé aimer me faire cracher dessus avant qu’on me crache justement dessus.

En écrivant tout ceci, je me rends compte que tous les fluides confondus dans le sexe ont toujours une connotation un peu sale, à cacher, à réprimer. Cacher l’odeur de ses fluides. Mouiller, c’est bien, mais une femme qui mouille trop a honte, celle qui « squirt » se sent gênée au plus haut point (moi la première), la salive, c’est érotique, mais sans en abuser, le sperme plaît aux femmes mais attention tout de même, l’avaler c’est répugnant, jouer avec c’est très dur, etc. etc. Je prends conscience à quel point mon BDSM me permet une ouverture d’esprit folle à ce sujet. C’est un peu trop tabou pour moi dans la sexualité dite « standard ». C’est un peu comme les poils : avec modération. Mais aujourd’hui j’ai abandonné toute pondération à ce sujet et je me rends compte que ça me fait beaucoup de bien ! Il n’y a rien de sale dans tout ça, et même au contraire, c’est toujours très bon !

La première fois que j’ai été surprise à ce sujet, c’est lorsque j’ai rencontré l’homme qui m’a permis pour la première fois de passer des moments sexuels plus « hards » que ceux que je connaissais déjà. Il me baisait, et il me tenait assez fort le visage d’une main à ma mâchoire. Tout à coup, il m’a dit « ouvre la bouche » avant de laisser filer de sa bouche à la mienne sa salive. Acte hautement dégradant, très particulier. Les choses se sont accentuées ensuite avec les crachats au visage. C’est si humiliant que je suis certaine qu’il existe finalement peu de gens prêt à être blessés dans leur estime à ce point. Se soumettre oui, mais comme une princesse, classe quoi ! Eh bien, ça, ce n’est absolument pas pour moi. Je ne suis ni un ange, ni une princesse, que dieu me pardonne…

Petit aparté sur les larmes aussi ! Je ne les oublie pas. Elles m’accompagnent comme pourrait l’être le sperme à l’homme dans mes moments BDSM (surtout SM) les plus forts.

Certains hommes, c’était le cas de mon Maître, aiment voir leur partenaire pleurer. C’est très pervers, mais dans l’idée, nous étions parfaitement en phase sur ce sujet-là avec Charles. J’étais toujours émue lorsque nous allions très loin dans le sadomasochisme et qu’il m’ordonnait de me lâcher, avant d’éclater en sanglots et d’en redemander encore ! Ensuite, l’émotion était à son comble lorsqu’il passait un doigt sur ma joue pour y prendre une larme, qu’il léchait ensuite devant mes yeux. Il lui arrivait même parfois de lécher mes larmes à même ma joue.

Je voulais terminer avec le sang. Je n’en suis absolument pas attirée, mais je sais que c’est le cas pour certaines personnes. Ce que je peux parfaitement comprendre. Le sang des menstruations peut devenir le fétichisme de certains hommes, peut-être même de certaines femmes d’ailleurs. D’autres se jouent de leur propre sang, certains même se le mélangent. Je n’ai pas vraiment d’avis à ce sujet. Les jeux d’aiguilles par exemple, le sang qui coule ne sont pas du tout quelque chose qui m’attirent ou m’excitent.

D’ailleurs, pendant que j’y pense, l’article m’oblige à faire un petit aparté au sujet de tous les dangers auxquels ses pratiques renvoient. Je me fais dépister régulièrement et je ne prendrais jamais de risques inutiles dans ma vie à ce sujet, c’est donc très important que je fasse la promotion d’une certaine forme de vigilance dans cet article. Je tiens énormément à mon corps et à sa bonne santé, cela devrait être l’affaire de tous. Je tiens donc à rappeler que le sang, le sperme, et même la cyprine, en contact avec des muqueuses ou des plaies peuvent transmettre tout un tas de maladies, notamment les IST et le HIV. Ne jouez pas avec tout cela en prenant le moindre risque, ça peut devenir tellement grave pour de si petites “négligences » qu’il serait idiot de ruiner sa santé pour si peu…

Ce qui m’amène au dernier petit point que je voulais évoquer et pas des moindres : se jouer des fluides oui, mais surtout pas avec n’importe qui. Étant donné que l’on rentre dans une sphère de l’intime particulièrement forte, autant dire ce qui est évident : se donner ainsi n’est pas quelque chose qu’il est possible de faire avec des inconnus, en tout cas pas pour moi ! Me concernant, il me faut un feeling très bon et une relation forte pour arriver à pratiquer l’uro, les larmes, et même tout ce qui touche au sperme.

Voilà, je pense avoir fait un joli tour de tout ce que j’avais à dire à ce propos. À ce jour, je pense être suffisamment en phase avec moi-même sur l’acceptation de toutes ces attirances parfois très particulières, je le reconnais. Je sais mon plaisir à savourer, voir et partager ces choses-là avec mon partenaire et je n’y mets plus le moindre frein, pour ma plus grande joie. Je m’enivre, je me délecte et je savoure l’autre avec émotion…

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