Le chat et la soumise

Il n’était pas prévu que nous nous rencontrions ce soir-là, mais mon impatience était telle…

Nous nous sommes écrit un beau jour lorsque j’étais seule. J’avais besoin d’un peu d’attention, de parler avec quelqu’un qui se foutait de savoir qui j’étais. Échanger, avec simplicité, sans arrière-pensées. Je lui ai demandé de ne pas me considérer sans jamais rien attendre de moi. Les jours sont passés sans que nous réussissions à mettre fin à cette conversation qui cette fois durait depuis bien longtemps. Nous nous sommes confiés, sans chercher à maquiller nos histoires, sans craindre le jugement de l’autre, et nous avons beaucoup ri aussi… Très vite je me suis attachée à lui, c’était si simple, si léger, si agréable…

Par le plus grand des hasards, je passais le week-end dans sa ville. J’étais frémissante de l’imaginer là, tout proche de moi, sans vraiment savoir où. Nous nous sommes cherchés et nous avons beaucoup hésité. N’est-ce pas une chimère que de courir après une histoire que je sais impossible ? Ce qu’il cherche ne me correspond pas, et ce qu’il ne peut me donner me rendra malheureuse tôt ou tard. Je le sais, je le sens. Malgré tout, le plaisir simple qu’il m’offre aujourd’hui m’apporte tellement de bonnes choses qu’il serait bien dommage de le bouder.

J’avais juste envie de mettre un visage sur son nom, de croiser son regard, toucher sa peau de ma main tremblante. Faire de lui quelqu’un de réel, après ces longs échanges, cet effeuillage virtuel, avec son lot de frustration. C’était simple, facile entre nous, et ça m’a fait énormément de bien. Je voulais le rencontrer, j’y tenais très fort.

Le dimanche soir, je dus rentrer chez moi, bredouille. J’eu le vague à l’âme de savoir que nous n’avions pas pu trouver un instant pour se rencontrer lui et moi. Je décidais de prolonger mon séjour seule, je partis au cinéma pour une séance tardive, et mettre ainsi de côté mon portable pour ne pas peiner d’y attendre le texto qu’il ne m’écrirait jamais. Quelque part, c’était un acte manqué, je n’arrivais pas à me résoudre à partir.

La salle de projection se rallume quand j’enfile ma veste. Il est déjà tard et il fait nuit dehors depuis un moment. Pas de message, moi qui pensais que les deux heures qui venaient de passer sans nouvelles de moi l’auraient motivé à se décider, à tout risquer pour venir me retrouver.

J’avançais dans les rues, seule, et me résolvais enfin à rentrer chez moi. J’étais déçue, un peu triste, qu’il n’ait pas osé, qu’il n’ait pas un peu chamboulé son programme bien rangé pour venir me retrouver. Surtout, je le pensais perdu et distant, puisqu’il ne me répondait plus. S’était-il endormi sans me dire au revoir… ? Était-il peut être frustré lui aussi, désolé de n’avoir pu me rejoindre.

Puis, mon portable vibre sous ma main, dans la poche de mon trench. « Je suis là, si tu veux, j’arrive par le tram »

J’entends justement le tram s’arrêter à quelques pas de là… Mon cœur s’emballe tout à coup. Je ne l’attendais plus, et pourtant, il était là ! Je n’y croyais tellement plus. Me voilà surprise, prise de court. Je reste au loin et j’observe. Quelques personnes seulement sortent et une seule semble hésitante, le visage éclairé par l’écran de son portable. Le mien vibre à nouveau… « Où es-tu Clarisse ? »

J’ai la boule au ventre, instantanément. J’hésite, je le vois, là. Clarisse réveille-toi ! Je me secoue la tête instinctivement comme pour reconnecter avec la réalité. « Juste en face, je suis là »

Il lève les yeux, il m’a vu. Voilà qu’il vient à moi… Nous sommes dans une veine centrale de la ville, et je me vois mal le rencontrer hébétée et sans voix, c’est pourquoi au lieu de rester plantée là, je lui fais dos et j’avance.

Je me retourne quelques fois et devine son visage au loin, petit à petit, il me rattrape. Je lui souris, l’invite à me suivre et continue mon chemin. Je cherche une rue non loin, plus sombre encore et moins passante. J’avance sereinement, le désir en moi fait passer l’angoisse. Le bruit de mes talons résonne dans le silence ambiant. Je n’ose plus me retourner, car je le sens tout proche, je ralentis le pas davantage et le laisse m’attraper fermement par le bras.

Il me retourne l’instant d’un clignement d’œil et je me retrouve tout contre lui. Je sens son souffle chaud sur ma joue toute fraîche. Je suis soufflée, perdue, qu’est-ce que je lui dis ? Bonjour ? Enchantée ? Salut ! moi c’est Clarisse ? Ses grands yeux noirs me bouleversent, j’y plonge les miens sans trop réfléchir et je souris encore avec cette fois beaucoup de malice et de perversion… J’ai soudainement ultra chaud !

Sa main en prise sur ma mâchoire, il me prend la bouche avec force ; je me liquéfie… Dieu que c’est bon ! Ma main sur son jean se dirige instinctivement. Je passe les doigts du bout des ongles sur sa verge au travers de ses vêtements pendant qu’il me fouille avec sa langue. Énervé et fougueux, il me prend par le col de ses deux mains pour me plaquer contre le mur de la façade que nous longions une minute plus tôt. Son corps tout contre moi, je reste immobile tandis qu’il se frotte contre ma jambe. Sa main à mon cou serré très fort, il s’adresse à moi au creux de mon oreille « Bonsoir Mademoiselle. Vois, sens, comme je suis content de te voir »

Son autre main me parcourt, empoigne ma poitrine cachée sous une quantité effrayante de tissus. Puis, elle se dirige sur ma cuisse, écartant sur son passage ma veste, remontant ma jupe. Que va-t-il penser lorsqu’il va découvrir que je n’ai pas mis de culotte ? À en voir son sourire, je crois qu’il approuve, parfait !

Au bout de la rue, à quelques mètres de là, je vois au-dessus de son épaule quelques passants traverser, une chance qu’ils ne nous remarquent pas. J’adore cette ambiance humide et sagement dangereuse, elle m’excite de façon incroyable et décuple ma perversion.

Ma main s’agite sous sa veste, j’arrive à défaire sa ceinture sans peine puis dégrafer son jean. Je me glisse sous son boxer et découvre petit à petit son anatomie. Je le branle au son de ses râles de plaisir étouffés au creux de mon cou. Je crois qu’il avait vraiment très envie de me voir et j’en suis franchement ravie.

Je sens petit à petit qu’il s’énerve et mes mains ne suffisent plus à le satisfaire, j’en ai bien peur. Il me mord partout où il fait passer sa bouche sur moi ce qui a le don de m’exciter de plus belle. Je suis au summum. Je finis par poser les fesses sur la pierre glacée d’un rebord de fenêtre qui par chance est presque à la hauteur parfaite pour nous deux. Mes deux jambes écartées autour de lui l’entourent. Je me mets enfin à lui parler… « Prenez-moi s’il vous plaît »

 Oh oui, s’il vous plaît !

Je dirige son sexe juste à l’entrée du mien. Je mouille à l’idée même de le voir s’enfoncer en moi, j’en ai extrêmement envie et il en joue. Il passe en va-et-viens sur mon clito, entre mes lèvres, je suis mordue par l’impatience et j’implore une nouvelle fois dans un souffle de désir « S’il vous plait, baisez-moi… S’il vous plaît… » La situation l’amuse alors que pour ma part, je souffre…

Sans prévenir, je le sens me remplir de toute sa queue, il s’empale littéralement en moi et nos corps se mélangent à merveille. Je lâche un gémissement dans l’excitation de l’instant et me cache aussitôt la tête dans son cou de peur d’être entendue par quelques personnes qui pourraient passer par là.

De façon bestiale, les coups de reins qu’il m’envoie sont puissants. J’ai envie de gémir encore, mais je me retiens en mordant le col de sa jolie chemise blanche. D’un doigt sur mon clito, je le laisse venir en moi tout en me branlant avec force. Dans un cri étouffé, je le sens décharger longuement alors que je jouis en vague de spasme autour de son membre.

Nous restons ensuite ainsi, lui en moi, enlacés, ma tête au creux de son cou, les yeux fermés et la main sur sa nuque le caressant avec tendresse. Personne ne passe là où nous sommes, ce qui nous permet de prendre le temps encore, et d’oublier ainsi les minutes qui passent.

Il se retire délicatement, se rhabille du peu que je l’avais découvert, puis, me regarde avec tendresse et complicité… Il tend sa main en ma direction en attendant que je lui prenne… « Allez, vient maintenant, je vais t’amener boire un truc chaud »

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