S’ouvrir au polyamour

Récemment, j’ai vécu des événements personnels et sentimentaux qui m’ont poussé vers une très longue remise en question. J’ai été franchement bouleversée et secouée dans mes idéaux, certains même que je pensais inébranlables. Heureusement, Papang à su m’écouter, comprendre et m’accompagner comme il se doit. Il est un Maître exemplaire à qui je suis plus que fière d’appartenir… Pour cet article, j’ai décidé de vous raconter en toute transparence mon cheminement, mon évolution récente au sujet du polyamour.

Préambule

Je voulais écrire cet article depuis un moment, mais compte tenu du caractère très spécial de ma situation, je me suis abstenue, car je ne souhaitais pas blesser certaines personnes qui m’étaient très cher par le passé. Je ne souhaitais pas remuer le couteau dans la plaie. Désormais, je n’ai plus besoin d’avoir aucune réserve au sujet de l’histoire dont je vais vous parler, qui s’est déroulée il y a tout de même plusieurs mois de ça. Aussi, j’ai été très secrète à ce sujet, pour les mêmes raisons, voilà pourquoi même les personnes les plus proches (hormis Papang bien sûr) vont ainsi découvrir des choses dans cet article.

Nos débuts de couple hors norme

Papang et moi n’avons jamais vraiment réfléchi au sujet de notre « exclusivité ». Pour nous, c’était évident. Voilà cette fois des années que nous sommes ensemble et nos sentiments sont réciproque. Je n’ai toujours eu d’yeux que pour lui. Malgré tout, lorsqu’il m’a rencontré, j’étais une femme libre, comme je l’ai toujours été d’ailleurs, très ouverte d’esprit également. Il m’a dit dès le départ qu’il ne voulait pas que je change pour lui, que je reste la même, que c’était à lui de s’adapter à moi, à mon mode de fonctionnement et non pas l’inverse. J’ai trouvé ça très noble et chevaleresque de sa part. Je dois reconnaître que cette attitude à mon égard m’a beaucoup séduite. Alors, je suis restée libre, j’ai même participé à un gang-bang sans que cela ne pose souci. Seulement, les sentiments faisant, assez rapidement, sa seule présence m’a suffit, je n’avais plus besoin que de lui. L’amour a pris le pas sur le sexe. Je n’avais plus envie de voir d’autres hommes, je ne désirais que lui et c’est ainsi que je me suis soumise à lui, tout naturellement. Je ne voulais sentir que ses mains sur mon corps, qu’il soit le seul à pouvoir poser les yeux sur moi, ne partager mon intimité qu’avec lui. Et puis me concernant, je redécouvrais après de longues années ce que c’était que d’être amoureuse et en couple. J’avais tout à redécouvrir, tout à reconstruire.

L’élément déclencheur

Si je peux me permettre de parler d’élément, car il s’agit plutôt d’une personne. Lors de mon road trip en septembre dernier, il n’était nullement question pour moi de faire des rencontres d’ordre sexuel. Cependant, j’ai diné avec quelques lecteurs, en tout bien tout honneur. Sur Paris, sur Nîmes et sur Lyon, entre autres. Des hommes formidables, très sympathiques et très respectueux également. Avec l’un deux, comme certains le savent déjà (compte tenu de mon twitter il y a une quinzaine de jours), j’ai énormément accroché, et sans vraiment me poser de questions, je me suis laissé aller à mon désir. Nous avons déjeuné ensemble et c’était vraiment très agréable, je me sentais regardée avec tendresse et désir et j’ai beaucoup apprécié cela. Il m’a raccompagnée à l’hôtel dans lequel j’avais réservé et avant de me laisser, nous nous sommes longuement et langoureusement embrassés. Mon désir pour lui, ce qui m’a poussé à l’embrasser, n’avais rien de sexuel.

L’après

Même si cela n’a duré qu’une poignée de minutes et qu’il ne s’est rien passé sur le plan sexuel, cela ne m’a pas empêché de ressentir un remord profond envers Papang qui ne quitta pas un instant mes pensées. Ce qui me chagrinait, c’était surtout de ne pas lui en avoir parlé avant, car je savais qu’il ne m’en aurait jamais voulu d’avoir fait ce que j’ai fais. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis un pareil laissé aller. Sinon, il est clair que je n’aurais absolument rien fait avec cette personne. Mais, comme rien n’était calculé, je n’avais pas prévu que les choses allaient tourner ainsi, voilà pourquoi Papang n’a rien su avant.

Une question de confiance entre nous

S’il ne m’en a jamais voulu, ce n’est pas le fruit du hasard. Parce que la confiance règne entre nous et parce qu’il sait que ça n’amoindrira jamais tout l’amour que je lui porte. Et ça, c’est beau. Je crois que c’est notre force. C’est grâce à ça que je sais que Papang et moi, nous irons très loin ensemble. Je ne doute pas de ses sentiments pour moi et réciproquement. Il sait à quel point je l’aime et à quel point notre amour est inaltérable.

Alors, une fois que j’ai retrouvé Papang, nous en avons parlé longuement, j’en avais besoin. Déjà, j’ai voulu tout lui raconter, dans le moindre détail. C’était important pour moi d’être totalement transparente avec lui. Transparente jusqu’à lui dire que cet homme que j’avais rencontré m’avait sentimentalement chamboulée. Que s’il n’était question que de sexe, je n’aurais jamais cédé à ses avances, très clairement. Sans parler de coup de foudre, j’eu un véritable coup de cœur pour cette personne. Je voulais que Papang le sache et je voulais qu’il sache aussi que je l’aimais toujours autant, avec ou sans cette rencontre inattendue.

Communiquer

Il m’a rassurée, m’a encouragée et j’ai trouvé ça vraiment beau de sa part. Car évidemment j’ai eu très peur de sa réaction. D’autant plus que la situation dégénérait dans le même temps du côté de mon « amant », qui lui n’a pas du tout eu le même appui de son côté. Lui aussi a voulu être totalement transparent avec la femme qu’il aimait. Surtout qu’il s’agissait d’une femme que j’estimais énormément et que je ne voulais absolument pas blesser. Je ne pensais pas une seconde à une telle réaction de sa part. En une fraction de seconde, elle est passée à mes yeux du statut de déesse à rien du tout. J’étais navrée pour moi, mais surtout navrée pour lui, lui qui était fou amoureux d’elle.

J’étais à la fois entourée par Papang, mais à côté de ça, j’étais triste au possible, pour moi et pour cet homme que je découvrais à peine. Pour apaiser les tensions, j’ai décidé de me sacrifier même si Papang n’était pas du tout d’accord avec ça. Il a trouvé ce geste beaucoup trop noble envers des gens qui n’en méritaient pas tant. Mais je suis comme ça, et je préfère rester ainsi, même si on ne me le rend pas. Je n’ai pas fait ça pour qu’on me pardonne, j’ai fait ça pour moi avant tout, pour ma conscience, mon honneur.

Les mois sont passés, je me suis totalement coupée de cette personne, non sans peine et j’ai continué tant bien que mal à suivre mon bonhomme de chemin aux côtés de Papang. Sans pour autant l’oublier. Papang était triste pour moi, de me voir aussi malheureuse et affectée par cette situation. J’avais perdu gros dans cette histoire, trois personnes d’un coup, et trois personne auquel je tenais énormément…

La prise de conscience

Malgré tout, cette situation nous a ouvert les yeux, et nous avons décidé tous les deux d’ouvrir notre couple. C’est ainsi que nous avons rencontré notre belle Léna et son complice. Soirée à deux, à trois, à quatre. Nous nous sommes rendu compte de beaucoup de choses Papang et moi. Premièrement, Papang à découvert qu’il aimait beaucoup me partager et me voir dans cette situation, ce qui n’était pas gagné du tout au départ, car il était convaincu lui-même d’être trop jaloux pour laisser une chose pareille se faire devant ses yeux. Et inversement, j’ai pu apprécier voir Papang goûter à Léna, partager des regards complices tous les trois et pourquoi pas, envisager une sorte de « trouple » à notre façon.

Ce serait prendre un tournant majeur dans notre histoire, mais je pense que nous sommes tout à fait prêt à cela, Papang et moi. J’ai pu reprendre contact dernièrement avec celui que j’ai rencontré en septembre et laisser derrière nous toutes ses mauvaises passes, ces relations toxiques et ses pensées de culpabilité. Nous allons nous revoir, je l’espère, j’en ai très envie en tout cas. Quant à Léna, j’ai bon espoir et Papang sait quelle place elle commence à prendre dans mon cœur. Qui sait, peut-être un peu dans celui de Papang aussi… Ce qui me plairait beaucoup je crois.

BDSM et polyamour

Pour l’instant, il serait difficile pour moi de me positionner sur le sujet. Je pense très certainement que le polyamour ne porterait pas préjudice à ma pratique du BDSM. Ce sont deux choses qui selon moi sont autonomes l’une vis-à-vis de l’autre.

Libertinage et polyamour

Ce dont j’ai pris conscience, c’est à quel point je pouvais être différente de bon nombre de personnes dans le milieu des « sexualités alternatives ». Je ne me suis jamais sentie libertine, et pourtant, je me suis beaucoup « partagée » sexuellement. Aussi, je me suis attachée, à chaque fois. Je n’ai jamais apprécié le « one shot » avec des personnes qui ne voulaient de moi que pour le sexe. Je crois que je suis une femme beaucoup trop sentimentale pour être libertine, mais dans le passé trop peu aimée pour être polyamoureuse. J’ai fini par comprendre que j’avais un vrai potentiel sur ce plan, dès lors que j’ai rencontré avec Papang à la fois l’amour et la confiance nécessaire pour pouvoir donner de l’amour en retour, à lui et à d’autres aussi.

J’ai pris conscience que mon cœur était grand et que la place à l’intérieur y était infinie. Qu’il était temps aussi de grandir à ce sujet et d’accepter de vivre pleinement avec celle que je suis au fond de moi, prête à me partager et à partager l’homme que j’aime ❤

L’histoire continue, notre cheminement aussi. Je vous ferais sans doute un article update d’ici un an ou deux pour voir où nous en sommes et comment nous arrivons à conjuguer notre BDSM avec qui sait, peut-être plusieurs personnes dans nos vies.

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