Trouver son Maître

En écho à mon précédent article « trouver sa soumise » je souhaitais cette fois établir celui de la partie adverse. Cela reste un exercice plus délicat car étant moi-même une femme, c’est assez difficile de ne pas laisser mon propos se biaiser par mon propre jugement, et parce que je n’ai jamais été un homme qui recherchait une soumise, je suis donc moins confrontée aux déboires et aux ressentis que ceux-ci peuvent subir et dont ils pourraient se plaindre. Aussi, c’est pourquoi je laisse volontiers la possibilité aux lecteurs masculins d’enrichir cet article de leurs commentaires personnels et d’apporter s’ils le souhaitent leur regard expert.

Quoi qu’il en soit, je sais qu’il existe là aussi des difficultés assez réccurrentes dans le monde virtuel du BDSM pour ce qui est de rencontrer des femmes et potentiellement sa future soumise. Rien n’a jamais été évident pour n’importe quelle rencontre de n’importe quel genre dans ce milieu, mais je crois qu’avec un peu de réflexion, un regard attentif et non pas jugeant, il serait possible d’améliorer considérablement les choses entre nous…

Voici pourquoi, dans cet article, je vous livre mon avis, ma réflexion à ce sujet. Pour pouvoir, je l’espère, vous apporter des éléments de réponse à vos questions, mon raisonnement subjectif afin même d’éliminer de vôtre côté certaines difficultés.

Pour se faire, je m’adresse à vous mesdames, les soumises particulièrement, tout comme j’ai pu m’adresser à l’inverse aux hommes pour l’article précédent.

Nous le savons tous ; il y a de prime abord un sérieux problème d’offre et de demande dans notre milieu, c’est pourquoi il y aura toujours beaucoup plus d’hommes que de femmes à la rechercher d’un partenaire BDSM. Même si je crois que fondamentalement, il y a autant d’hommes que de femmes pratiquant. Seulement, les femmes ont cette tendance à la discrétion qui prédomine, et de ce fait, (selon moi) vous êtes mesdames plus timides, moins enclines à écumer les sites de rencontres BDSM, à se lancer dans ce genre d’aventure. Nous les femmes, apprécions particulièrement le charme de la rencontre spontanée, et plus aventureuse. Une femme sur un site de rencontre BDSM sera donc à mon avis d’autant plus déterminée à la rencontre, car elle aura fait dans sa tête « le pas », tandis qu’un homme s’y inscrit plus naturellement, sans toujours forcément attendre fermement un résultat rapide.

Pour toutes ces raisons particulièrement, et donc même pour les femmes soumises, l’équation est toujours (oui toujours, à défaut, et malheureusement) la suivante : l’homme propose et la femme dispose. À l’instar du site « lemarchéauxesclaves » par exemple, il n’y a jamais de marché à la soumise ou à l’esclave, jamais. C’est un leurre que de le croire. C’est plutôt l’inverse; la cage aux lions : la soumise pointe le bout de son nez et tous se jettent avec leurs méthodes bien personnelles plus ou moins efficaces sur elle.

Voilà pourquoi la méthode (comme je l’explique dans l’autre article) est la clé fondamentale pour un homme, celui qui saura cueillir sa partenaire l’aura touchée, réellement. Et qu’importe la méthode, si tant est qu’elle fonctionne. D’ailleurs, il n’y a même pas de méthode en réalité, il n’y a rien à savoir en terme d’idées prémachées : certaines succomberons à l’humiliation, d’autres à la séduction, certaines apprécieriont la délicatesse et d’autres la fermeté intransigeante. Pour un parti comme pour l’autre, il suffit simplement de conjuguer respect, spontanéité, sincérité et tolérance. Ce sont quelques points fondamentaux, et si le « courant » ne passe pas, inutile d’insister, simplement. Les hommes eux, ont tendance à insister, les femmes quant à elles s’éclipsent, sans mot dire. C’est tout aussi malsain et irrespectueux.

On pourra remettre autant que l’on veut la faute sur les hommes dans ce genre de débat que celui de la « rencontre » virtuelle, mais les deux parties sont à incriminer selon moi… Il n’y à pas de méchant crapeau ni de blanche colombe.

Préambule – savoir ce que l’on veut

Ce préambule pourrait paraître un peu sot à en voir son titre, mais pourtant, c’est le point fondamental sur lequel j’ai envie faire un sérieux point. Rechercher le Maître pour qui l’on souhaite donner le maximum de soi même est un long chemin de croix, sérieusement. Alors mesdames, votre investissement se devra d’être à la hauteur de vos espérances. Si vos attentes sont très précises et grandes, alors votre investissement se devra de l’être aussi. Tous les Maîtres autoproclamés ne sont pas des hommes intelligents et parfaits, qui sauraient instinctivement devenir l’homme qui vous fera du bien, qui changera votre vie comme ce que vous rêveriez… Il y a une certaine forme de rêve idéal qu’il faudrait soit quitter, soit rechercher très très fort. Pour commencer, il va bien falloir fixer votre investissement à la hauteur de vôtre recherche : si vous souhaitez du « tout cuit », c’est possible, mais cela risque de vous décevoir si vos attentes sont trop démesurées aux vues de votre investissement.

Et pour cela, je dois mettre en garde, parfois l’investissement est grand ; il faut accepter de passer des heures, des jours, des mois voir des années à chercher, à vivre de nombreuses déception, à faire de grosses concessions. Votre investissement sera toujours payant s’il est à la hauteur de vos attentes en matière de partenaire. Aussi il sera d’autant plus touchant d’obtenir un beau jour satisfaction lorsque vous rencontrerez l’homme que vous avez toujours cherché. Et que les années perdues à le chercher à ce moment n’auront plus aucune importance à côté. Si l’on y repense bien, j’ai attendu au moins deux ans avant de rencontrer mon Maître, j’ai échangé avec des centaines de salauds, tous les jours, sans relâche, me suis faites insulter à des milliers de reprises, mais mon envie était si forte, le manque était si grand et mon espoir inébranlable que je suis convaincue que la rencontre avec mon Maître n’a pas été un hasard du tout.

C’est aussi sur cette idée que je me dit que tout « bon » Maître ne peut que rencontrer une « bonne » soumise, et réciproquement. CQFD.

Mesdames, s’il vous plaît, ne baissez JAMAIS les bras… L’homme qu’il vous faut est forcément là, quelque part. Sauf si (je dois peu-être vous briser le cœur) vous recherchez Christian Grey dans le BDSM ; riche, jeune, beau, amoureux, disponible, qui vous offrira toujours les jours une nouvelle vie, une nouvelle voiture et qui vous noiera de beau textos enflammés, qui vous construira une maison de rêve au soleil et qui se mariera avec vous pour vous faire vivre une vie parfaite et fantasmée, celle que personne n’a jamais vécu sur cette terre et que l’on voit parfois dans les films loin de la réalité de la vie. Voilà, parce que c’est ça aussi le BDSM : redescendre un peu sur terre (surtout depuis que 50 nuances de Grey existe et qu’il a réveillé le fantasme d’un bon nombre de femmes).

Premier contact – Tolérance

C’est quelque chose qu’il faut tout de même accepter dans les échanges virtuels : faire preuve d’énormément de tolérance, cela sera tout à votre honneur croyez-moi. De plus, je trouve que c’est une très belle qualité, presque un pré-requis pour une soumise. La tolérance qui habite en vous crédite à la personne que vous êtes beaucoup de noblesse, j’en suis intimement convaincue.

Si je parle de tolérance, c’est parce que les hommes sont parfois peu attachés à ce qui nous les femmes nous importe beaucoup. Généralement, les « Bjr sal pute » et les « Décris-toi Salope » sont naturellement rédhibitoires et dans ces cas très récurrents, je pense qu’il est inutile de poursuivre. Seulement, lorsqu’il y a quelques fautes de frappe ou quelques mots maladroits, je vous encourage à passer au délà, ce qui est déjà pour une femme un exercice bien complexe (je parle en connaissance de cause, cela fait des années que je travaille à ce sujet, à ne pas m’arrêter parfois sur des détails qui sont en réalité insignifiant alors que j’y attache bien trop d’importance)

Relation idéalisée, les attentes démesurées des femmes – Sincérité

Pour ce « thème », c’est assez délicat aussi. Sans chercher à rencontrer un Christian Grey pour autant, il est normal d’idéaliser la relation dans laquelle on souhaite se lancer. Pour ce faire, je pense qu’il n’est pas judicieux de cacher ses propres désirs même s’ils sont tabous dans le BDSM. Je pense à l’amour notamment.

N’ayez pas peur de parler d’amour dans le BDSM, ceux qui y sont fermement opposés me font penser aux conservateurs religieux qui continuent à penser que le préservatif ne peut être une solution. Il faut ouvrir les yeux même si c’est un autre sujet : lorsque l’on partage quelque chose de fort dans le BDSM, dans le sexe, il y a forcément une certaine part de sentiments partagés, sans qu’ils soient non plus nécéssairement incroyables et intenses pour pouvoir être considérés. Il faudrait être de marbre pour soumettre quelqu’un régulièrement sans partager le moindre sentiment avec cette personne. La nature humaine est ainsi faite.

Concernant l’amour, certaines d’entre vous cherchent malheureusement l’impossible, car il est des femmes qui recherchent la soumission à domicile associée à la relation de couple vanille, là aussi, c’est possible, mais malgré tout, bon nombre d’hommes dominants possèdent déjà leurs vie de couple vanille et ne sont pas disposés à répondre à vos attentes en la matière. Certains peuvent vous le cacher, mais d’autres plus sincères jouerons franc jeu avec vous, alors, vous aussi, jouez franc jeu…

Le BDSM que j’imagine et que je pratique est un BDSM qui communique énormément d’émotions. L’amour étant pour moi un terme trop générique, je n’employerai donc pas ce terme d’amour pour définir l’émotion qu’un Maître et une soumise peuvent se partager mais après c’est à l’appréciation de chacun. Qu’importe le nom qu’on lui donne, le sentiment partagé dans ce genre de relation fait partie fondamental de nos attentes lorsque nous recherchons notre partenaire, c’est pourquoi je pense qu’il faut en parler avec sincérité. Nous les femmes sommes pour la plupart très sentimentales, et ce n’est pas une tare bien au contraire, le tout étant seulement de ne pas surévaluer vos envies. Si vous souhaitez d’un Maître qu’il vous épouse et quitte sa vie pour vous, je crois qu’il y a un malaise quelque part. Est déjà un espoir ou une obligation d’avenir ? Ne croyez vous pas qu’un homme marié puisse ne pas vous soumettre juste parce qu’il a déjà une femme dans sa vie. Un homme marié est peut-être rédhibitoire pour vous alors que vous n’osez pas le lui dire, car parler de ses choses-là est tabou et que vous avez peur de le faire fuir en évoquant le sujet ? Je crois personnellement qu’il vaut mieux risquer de le perde à la naissance de vos échanges plutôt que de lui cacher votre peine à le voir dans telle ou telle situation sentimentale alors que vous espériez autre chose de lui… C’est un exercice très difficile, mais, pourtant, je crois qu’il faut le faire. C’est important, et l’homme en face de vous saura apprécier votre franchise si vos attentes sont claires et précises.

Faux profil

Sur l’aspect beaucoup plus pratique et virtuel de la rencontre BDSM, je tenais à évoquer les « faux profils » car un jour ou l’autre mesdames, vous serez au moins une fois taxée de « faux-profil » voir de « fantasmeur(euse) » Je m’explique : sur le net, il y a beaucoup de mensonges, car c’est si facile de cacher la réalité et de s’y inventer une vie. C’est comme ça, on y pourra jamais rien, certains tordus et frustés de leurs vie continuerons à s’en inventer d’autres sur la toile, simplement, à cause de ces gens, tout le monde est méfiant. Ce qui est compréhensible… Bien compréhensible. Simplement, il ne faudrait pas que ce genre d’attitude suspicieuse mette en échec les bons échanges… Pour cela, il existe des solutions toutes simples… Voici la mienne : faire une photo de sa propre main en écrivant le pseudo de l’autre au feutre en son creux, c’est idiot, mais une main de femme se reconnaît normalement et cela permet de « montrer patte blanche » sans pour autant se compromettre. Aussi, c’est très rapide et pour cela, aucune excuse possible pour ne pas le faire. Je vous encourage à le faire, car réussir à se donner confiance l’un en l’autre ça n’a pas de prix et surtout, cela peux solutionner pas mal de tourments pour les échanges à venir, de quoi débuter sainement vos rapports, quel qu’ils soient. Parler à quelqu’un avec méfiance est le pire des climats possible, c’est presque automatiquement voué à l’échec.

Constamment ignorés…

Pour finir, j’aimerais aussi dire quelques lignes au sujet de l’ignorance. Car je trouve ça assez irrespectueux de la part des femmes que de ne pas répondre lorsqu’on leur adresse la parole. Même si vous êtes envahie par les messages de prétendants, prenez au moins quelques minutes pour faire un petit copié-collé de la phrase suivante « Bonjour, merci de l’attention que vous portez à mon égard mais je ne suis malheureusement pas interessée. Bonne continuation à vous » Cela prends deux secondes : collez ce texte avant de quitter une conversation lorsque le message en face vaut au moins la peine d’une réponse négative…

La complexité des relations humaines n’est plus à prouver ni à démontrer. Dans cet article, je souhaite juste réussir à aider un peu les gens à se rencontrer avec davantage de facilité, car les problèmes sont si futiles et les solutions si simples qu’il serait dommage de s’arrêter devant parfois de très belles histoires pour une seule phrases mal proposée ou mal formulée, un non dit ou un doute sans raison…

Je vous souhaite à tous de très belles rencontres quoi qu’il en soit, et beaucoup de bonheur dans le partage complice que l’on peu voir naître d’une relation Maitre/soumise.

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