Un certain regard…

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A l’occasion d’un exposition photo mi-mars dans notre jolie région, Mr Virgil m’a proposé très gracieusement d’allier nos passions pour exposer finalement tous les deux. Ponctués de mes texte, Mr Virgil a pu exposer ses clichés dans une ambiance qui nous est familière, celle du BDSM. J’ai revisité mon style d’écriture et j’ai écris quelque chose de plus abordable, disons moins cru, et assez ornementale, plus philosophique. J’ai trouvé l’inspiration dans ses photos et je me suis laissé guider sur des textes petit format.

J’en profite aujourd’hui pour lui rendre la pareille, et cette fois je lui propose de mettre ses clichés en valeur sur mon blog. Ainsi, je vous laisse savourer cet article, et vous invite à jeter un œil à son site web  » Un certain regard  » 

Les images sont vraiment sublimes et mettent parfaitement bien en valeur toutes ses notions de BDSM que je peux aborder. Sans vouloir en dire de trop, sur ses clichés sont photographié Mr Virgil et sa soumise, une femme magnifique sous l’objectif exact de son mari et Maître. Cela transpire d’émotion et à voir c’est un réel plaisir pour les yeux ! A l’heure ou beaucoup d’image sont préfabriquées, j’apprécie l’authenticité de celles-ci.

Je tiens également à faire un petite parenthèse: toutes les photos sont réservés de droit, donc toute copie ou reproduction est naturellement interdite.

Se libérer par la contrainte

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Contraindre en soi n’est pas un terme négatif, mais il définit simplement l’action de pousser quelqu’un à agir contre sa volonté ; par la pression morale ou physique. Ou encore, c’est l’obligation créée par les règles en usage dans un milieu, par les lois propres à un domaine, par une nécessité, et je rajouterais même par plaisir.

La contrainte est partout, omniprésente, elle se veut parfois passive, parfois involontaire. Le non-consenti fait partie du quotidien de tous. Mais à l’heure où de nombreuses personnes sentiraient l’oppression et le manque de liberté, le BDSM y voit un principe sur lequel toutes les pratiques en ce milieu se basent. Sur cela repose même toutes les capacités du dominant, puisque la première d’entre elle, et j’aurais même envie de dire la seule et l’unique finalement est celle d’avoir le pouvoir de contrainte sur son partenaire. C’est la passation des pouvoirs, d’absolument tous les pouvoirs, en chemin vers l’abnégation la plus totale, le don de soi absolu, la liberté même. Et la vérité nous apparaît alors comme l’évidence.

« Faire le choix de ne plus l’avoir, se libérer de tout libre-arbitre »

Elle s’exprime de différentes manières, à différents niveaux de restriction et sur tous les plans possible et imaginable. La contrainte physique, tout l’art même du Shibari par exemple (tout comme sur la photographie), la contrainte sensitive, relationnelle, sociologique, alimentaire, etc. Elle est sans limite, et tout acte peut en avoir ses propres contraintes, jusqu’au principe même de la pensée.

Le ressenti de la contrainte nous est totalement personnel. Qu’elle soit négative ou positive, légère ou imposante, la contrainte s’exerce à qui veut bien l’accepter. Il n’est pas impossible, loin de là, de « consentir à ne pas consentir », seulement il faut en exprimer le désir sciemment à la naissance du consensus de contrainte dans la relation. Le dialogue libre et décomplexé reste alors fondamental. L’important doit toujours rester l’accomplissement de chacun, même dans ses désirs les plus délicats bien qu’intense et hors du commun dès qu’ils s’annoncent périlleux.

Voilà ce qui me pousse, moi et mes semblables à toujours vouloir donner plus et abandonner plus, pour gagner en liberté. Abandonner ses responsabilités d’être, en avoir la possibilité, rencontrer le Maître qui saura nous apporter la contrainte désirée voire même fantasmée, c’est acquérir une liberté telle, que seul celui qui y goûte un jour n’en connaîtra le véritable parfum…

Le désir de souffrir

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Aujourd’hui encore je ne saurais expliquer réellement ce qu’il se passe en moi. Je sais simplement que je n’ai pas le même rapport à la douleur que le commun des mortels. Il ne s’agit pas de force ou d’intensité, il s’agit surtout d’une équation bien fragile, mais si délectable, celle entre sexualité et douleur, qu’elle soit physique ou psychique. Entre considération et déconsidération, entre soin et humiliation.

Lorsque j’ai découvert mon plaisir dans le masochisme, j’étais très jeune, dès que j’ai commencé à avoir une sexualité à vrai dire. Je m’en suis vraiment rendue compte quand j’ai constaté que j’avais énormément de mal à jouir, seulement lorsque je persévérais, par la force du frottement répété sur mon clitoris, je commençais à avoir mal, dès lors, mon plaisir augmentait et c’est ainsi que beaucoup plus facilement j’arrivais à l’orgasme. Parfois c’était le cercle sans fin, plus je me touchais, plus j’avais mal et plus c’était bon. Je cumulais très souvent trois à quatre orgasmes dans ses conditions. J’agissais sans savoir et mes méthodes étaient alors très archaïques.

Etre masochiste ne signifie pas non plus que je puisse prendre du plaisir dès que j’ai mal, je crois même que je suis assez douillette au quotidien. Dans le contexte sexuel, tout est différent et flirter avec mes propres limites revient souvent à me transporter vers des plaisirs toujours plus surprenant d’intensité.

Cependant je ne pense pas avoir des pratiques si extrêmes que ça. A l’heure où nombre de femmes apprécient se faire fesser gentiment avec quelques petits qualificatifs honteux, je suis simplement au niveau supérieur. J’aime lorsque mon derrière chauffe fortement, sans non plus désirer que l’on ne m’y plante une vingtaine de clou pour autant. J’aime être prise à la gorge avec fermeté et me faire humilier grassement avec de vraies insultes.

L’émotion que je ressens dans ces moments m’est indescriptible, dès lors il est inutile de chercher à expliquer quoi que ce soit. Ses choses-là se ressentent, c’est tout. Elles se dégustent, s’apprécient, comme une énorme bouffée d’air après l’asphyxie. C’est une libération, tant du corps que de l’esprit, c’est l’élévation sensorielle la plus noble à mes yeux. C’est le voyage le plus dingue et le plus extraordinaire qu’il m’ai été permis de vivre jusqu’à aujourd’hui, celui-là même qui me conduit à chaque fois vers l’orgasme.

Sa dévotion pour preuve d’amour

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A l’heure où le temps ternit l’image du couple dans nos cultures modernes, les sentiments désillusionnent, ils perdent de leurs valeurs. Désormais, on se fabrique des émotions à l’image d’un nouvel air, du « prêt-à-porter » du « tout, tout de suite » et de « l’usage unique ». Ainsi, on aime aussi facilement que l’on quitte. Nous en désirons toujours plus et en donnant toujours moins.

Où passent donc la tolérance, l’empathie, la patience et l’appartenance aujourd’hui ? L’individualisme ambiant si égoïste que cultive le monde actuel est venu depuis longtemps désenchanter tous mes espoirs sentimentaux. Cependant, je reste bercée d’espoir et je veux croire qu’il y a quelque chose ailleurs de plus fort, de plus profond, d’indestructible.

A la recherche d’une alternative, j’ai erré dans les méandres de l’amour. Aujourd’hui j’ai trouvé ma place de soumise et je la vis comme je l’aurai rêvée il y a déjà des années de cela, avant même de n’avoir réussi à la définir véritablement.

Depuis que je suis rentrée dans l’appartenance la plus totale, j’ai étudié curieusement mes émotions, mes ressentis. Car avant de les comprendre il m’a d’abord fallu les vivre, si ce n’est même les subir. J’ai alors pris conscience de leurs valeurs, de leurs forces déroutantes et j’ai fini par prendre conscience qu’avant même l’abnégation et le don de soi, il y avait la dévotion et l’appartenance. L’essence même de la soumission.

Je ressens et exprime cela à ce jour avec une puissance à toute épreuve. Je sais aujourd’hui que la vie pourra me mettre à l’essai tant qu’elle le voudra, rien n’aura raison de ma dévotion pour lui. Dans la peine, dans la douleur ou encore dans la solitude la plus absolue, je pourrais en subir toutes les usures de la vie ; celles du temps, celle de l’âge, celle de la maladie, celle des chemins de vie qui s’opposent. Quelle qu’elle soit, je sais que par-dessus tout, jamais je ne lui ferais défaut.

C’est ce qui me fait vivre, qui m’anime, c’est tout le plaisir que j’arrive à lui procurer par mon biais, tout ce que je pourrais lui apporter de bon dans sa vie. Bien sûr, nous ne sommes pas un couple banal, nous ne vivons pas ensemble et nous sommes loin de toujours partager le même avis sur de nombreux sujets, je ne suis pas Barbie et il n’est pas Ken, il a son passé bien à lui et mon futur est solitaire. Sauf que l’important n’est pas là, l’important, c’est lorsque je le regarde droit dans les yeux, et lorsque par la simple force du regard j’arrive à lui transmettre ces quelques mots « Pour toujours, envers et contre tout, je suis à vous. »

Bondage Domination Soumission/ Sadisme Masochisme

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Quatre lettres qui se suffisent à elle-même. J’ai goûté au BDSM avant même d’avoir pu mettre un nom dessus. Véritable sphère humaine, probablement la plus imposante après celles que l’on appelle communément les religions ou les sectes. Soit, le BDSM n’a rien à voir avec tout ça, mais cette entité représente cependant elle aussi une communauté d’adeptes, se retrouvant autour d’une pratique que l’on apparente très fréquemment à la sexualité. Pourtant ce n’est pas tout à fait ça…

Aux plus curieux d’aller se documenter sur le bondage ou le masochisme, personnellement mon âme vagabonde, s’attache (et le mot est faible) beaucoup plus à ce que ces quatre lettres représentent d’idées et de concepts, de plaisirs et de découvertes, surtout la représentation que je m’en fais.

Vous pourrez lire chez Mr Le petit Robert que le Sadisme est « l’action d’aimer procurer de la douleur » et le Masochisme celle d’aimer la recevoir. Nous remercions par ailleurs Mr le Marquis de Sade pour sa littérature avant-gardiste (bien que véritablement dans la propagande, cet homme a posé les fondements de tout un mouvement qui vit encore aujourd’hui plus que jamais) que l’on pourrait apparenter au non initié à un certain Sigmund quelque chose. Déjà que celui-ci est assez décrié, même à l’époque de son vivant, je n’ose vous expliquer ce que Sade a pu susciter comme réaction lui aussi, si vous ne le savez pas déjà d’ailleurs. Bref, tout cela pour nous faire prendre conscience qu’il ne fait pas bon sortir de la norme, et par n’importe quel temps d’ailleurs.

Le BDSM c’est l’art passionnant d’une vie atypique. C’est la mélodie vibrante des relents nerveux qui irradient en vague de plaisir et vous traverse tout le corps l’instant d’une seconde. C’est le sentiment à la fois doux et brutal, à la fois sensible, intense et si profond. C’est ce que j’ai longtemps pris pour un handicap, quand la société a voulu me faire croire que j’étais une déviante, malade tant du corps que de l’esprit, j’ai enfin pris conscience qu’il s’agit là finalement de ma valeur la plus pure, la plus franche et la plus sincère, celle qui équilibre ma vie, mon tempérament. Je vis désormais pleine de passion et dans l’intensité, et pour moi, le BDSM c’est ça…

 

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