Le BDSM me manque…

Comme vous l’avez constaté, voilà un moment que je n’avais pas pris le temps d’écrire sur le blog. Je sais que mes articles vous manquent et je ne vous cache pas que cela me manque terriblement à moi aussi. Je reviens vers vous pour mieux vous retrouver et j’ai décidé d’aborder ce retour avec légèreté, brièvement, avec ce petit « billet d’humeur » qui me vient spontanément.

L’art du BDSM est un art délicat à mes yeux, beaucoup plus psychologique que physique, c’est une certitude. Se donner, s’abandonner, ces mots qui résonnaient jadis tellement fort chez moi sont des mots que je me surprends à ne plus employer. D’ailleurs, lorsque j’y pense, ces mots-là, qui m’entraînent vers le grand frisson, ne font plus partie de ma vie depuis des années maintenant.

Survivre comme soumise après la rupture a toujours été un enfer pour moi. Je le sais, je l’ai toujours su et je le ressens toujours profondément dans mes tripes : la plaie béante de l’échec et de la fin de sa vie de soumise n’est pas une mince affaire. Qu’importe la relation que l’on vit, la qualité du dominant à qui l’on se donne corps et âme, tourner la page et repartir à zéro, c’est pour moi tout bonnement impossible. L’état de plénitude sexuel et psychologique que j’ai pu vivre par le passé, je n’ai jamais redécouvert cela. Désillusion, amputation, meurtrissures m’ont suivi depuis que je suis morte en tant que SA soumise. Les années n’y ont rien changé. Alors, depuis, je le sens, je le sais, j’ai du mal à m’abandonner, lâcher prise, etc. L’abnégation, je ne connais plus ce mot.

Je suis comme cet animal à la SPA qui gardera toujours les séquelles des maltraitances passées, même dans un nouveau foyer. Car malgré l’amour et la bienveillance, elle ne pourra s’empêcher de prendre peur dès qu’elle verra une main s’approcher d’elle. Cette main, celle du Maître qui par le passé l’aura traumatisé alors qu’elle n’y voyait en elle aucun danger. La métaphore est forte, mais c’est ainsi que je le ressens. Je pense également que c’est comme ça que Papang et les quelques autres partenaires que j’ai eus avant lui ont pu le ressentir aussi. C’est un handicap que je porte avec moi, qui me suivra toute ma vie, j’en ai parfaitement conscience.

Alors, souvent on m’a dit que je n’avais sûrement pas rencontré encore LA bonne personne. Que le jour où cela arrivera, je le ressentirai tout de suite et tout changerait aussitôt. Je ne peux pas dire que j’ai accumulé les conquêtes tout ce temps, mais tout ce que je sais, c’est que j’ai mis en échec chacune des relations que j’ai entamé avec un homme prétendu dominant.

Aujourd’hui, Papang le sait, si je l’aime autant et si je suis encore avec lui aujourd’hui, c’est parce qu’il n’a pas cette prétention-là à mon encontre, celle d’être LE Maître qui changera ma vie « tu verras »

Cependant, et j’en viens au fait, le BDSM me manque. Je relis certains de mes articles passés et j’en pleure. Cette euphorie, ce bonheur intérieur total, cette plénitude, ce goût incroyable et immodéré pour la douleur qui n’avait à l’époque aucune limite. Ce désir-là d’être humilié, battue et tranchée dans les chairs jusqu’à où il voulait bien aller, sans que je n’aie le moindre mot à y redire. Dieu que c’était bon, diantre que cela me manque. Cruellement, viscéralement.

Voilà pourquoi, sans nul doute, j’ai du mal à écrire. Je suis aujourd’hui une femme heureuse. Il est clair que je ne suis pas malheureuse, d’ailleurs Papang y est pour beaucoup. Mais il y a ce vide qui m’habite et qui ne me quitte pas. Je ne sais pas comment vivre avec cela. Je suis comme qui dirait perdue et incomplète sur ce pan de ma vie.

Ce monde qui est le miens, le BDSM, qui pourtant m’échappe parfois totalement. Comme le sentiment d’y vivre toujours en parallèle, de marcher là, juste à côté.

Alors, je me suis beaucoup remise en question. J’aimerais effacer le passer et tout recommencer à zéro avec quelqu’un qui pourrait me faire vivre la relation D/s autrement qu’en me jetant au bout de deux ans sur le bord de la route. Je fais ce travail sur moi-même continuellement pour arriver à faire cet effort, créer une place pour une nouvelle relation D/s intense et passionnée. Je me pose des centaines de questions… Est-ce moi ? Est-ce Papang ? Que faut-il que je fasse ? Comment réapprendre à faire confiance lorsque j’ai tout donné par le passé à un homme qui m’a menti, trahi, abusé, sans vouloir s’engager, juste me baiser ? Est-ce qu’une relation parallèle pourrait me satisfaire ? Devrais-je refaire de la place à un « véritable » dominant ? Devrais-je me partager entre l’amour et le BDSM ? Où encore me résoudre à une pseudo-vie de none hors de tout ça ?

Nous vivons actuellement avec Papang une belle histoire d’amour, mais nous n’arrivons pas à vivre de séance a proprement dit. Sans doute parce que je suis devenue trop farouche et lui trop profane.

Plus le temps passe, les jours les mois les années, plus le BDSM me manque et plus j’en souffre.

En tous les cas, je mets tous les efforts en œuvre pour que les choses changent. Chaque article, séance, que j’ai publié ces dernières années et que je vais sans doute publier par la suite sont pour chacune des tentatives de renouveau. Des séances qui cherchent à panser, à redécouvrir, redéfinir et aller de l’avant. Je n’ai aucun doute quant à la bienveillance de Papang envers moi et je prends la mesure de tous ses efforts…

Je sais que de nombreuses femmes vivent ce que je vis et peinent à mettre des mots sur ce ressenti troublant. J’avais envie, aujourd’hui de vous en parler sans filtres.

À très bientôt, c’est une promesse…

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