Le lien

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Au départ, c’est ainsi que je voulais appeler mon livre : “Le lien”. Sauf que malheureusement, je me suis vite rendue compte que le titre était déjà pris, rien d’étonnant d’ailleurs.

Aujourd’hui, je vous livre un article assez particulier, au sujet du “Lien” justement. Oui, cette chose assez magnifique qui peux nous unir lui et moi, cette chose qui n’a pas de nom, que l’on confond bien trop facilement et assez grossièrement avec l’amour. Ce lien cruellement addictif, cette dépendance, le fruit d’un long travail d’apprentissage et d’apprivoisement. Un chemin semé d’embûches, avec son lot de résistances, de craintes, avec des hauts mais aussi des bas. Le lien est brûlant, fragile pourtant, et comme toute passion dévorante, ses fins en seront dramatiquement dévastatrices et bouleversantes.

Ma confidence

Ce lien, je ne l’ai pas toujours cherché. Au tout départ je n’avais pas idée de tout ça. Je lisais Céline Messine en dévorant tous ses articles, et même si j’adorais la lire, parfois je me disais que ça sentait le “faussement surjoué” à des kilomètres, simplement parce que je n’avais jamais goûté à ça, je ne pouvais naturellement pas comprendre. Alors ma quête de soumission était basique : me soumettre et recevoir physiquement, je n’étais pas en mal de régularité, de soumission permanente où de collier et encore moins de sentiments.

N’avoir d’yeux que pour son Maître, n’avoir envie de rien d’autre, et croire en tout ce qu’il vous dit, écouter sa parole comme la lumière et n’avoir jamais rien à redire de lui, de son comportement, de ses idées, de son mode de fonctionnement étaient des principes auxquels je ne croyais absolument pas. Sauf être fausse et se border d’idées très “bisounours” je pouffais parfois aux éclats en lisant tant de soit-disant discours d’abnégation et de don de soi. Le saint graal de la soumise : “pff, n’importe quoi” !

J’avais donc pris le problème à l’envers avec mon précédent Maître : je m’exécutais spontanément, et même si ses idées me paraissaient absurdes, je m’y collais par la contrainte, sans plaisir, juste par obéissance et par respect. J’agissais selon moi à l’époque de la meilleure façon qu’il soit avec lui, j’en étais convaincue. Et sans mentir pour autant, je ne commentais pas ses agissements, et s’il venait à me demander ce que j’en pensais, ce qui était très rare donc arrangeant, je m’appliquais à détourner la conversation à chaque fois. En réalité nous avions tous les deux tout faux.

Avec mon Maître tout s’est renversé, j’attends ses directives et ses ordres avec joie et enthousiasme, j’ai hâte qu’il me dirige encore et encore juste par plaisir, un plaisir nuancé par l’obéissance, l’excitation, le désir et la séduction. Parce que oui, à la réflexion je crois qu’il y à beaucoup de séduction entre nous. Voir mon “efficacité” dans son regard conquis me rend vraiment fière comme jamais. Aussi, je crois que pour lui c’est un peu pareil, car même si je suis son objet sexuel, la répercussion de son sadisme et de sa perversion sur moi le renvoie à tellement de plaisir, une satisfaction ultime je suppose, ma cerise sur son gâteau. Il trouve sa récompense de Maître dans mon contentement personnel de chienne soumise, et je trouves ça si beau, c’est là que tout prend son sens, et même à l’écrire je songe et me dit intérieurement “Dieu ! Mais quel fabuleux mariage que nos deux âmes pleines de vices et de perversions” On se comprend parfaitement et c’est ça qui me rend heureuse au quotidien. C’est aussi ça qui nous rend si important l’un pour l’autre. Mon Maître m’est si précieux aujourd’hui… D’ailleurs, je conçois parfaitement que ce genre de relation reste exceptionnelle, que cela soit un vrai combat permanent que de vouloir trouver sa paire dans le BDSM. De la même façon, je crois aussi que tout cela ne se ressent qu’une seule fois dans sa vie.

Les amalgames (selon moi)

L’amour est un mot qui m’irrite, non pas que cela soit trop tabou, ou encore que je soit snoob. Je n’ai pas peur de parler d’amour, sauf que j’apprécie cette espèce de pudeur dans le BDSM qui écarte assez bien ce concept. L’amour s’associe pour la plupart à tant de principes totalement dépassés à mes yeux tels que l’exclusivité sentimentale, la fidélité, la démonstration permanente en usant de toutes les pirouettes possible et inimaginable comme la saint valentin, le mariage, les joutes verbales en profusion, sans compter les bijoux et les fleurs. Il y à des millions de façons d’aimer et cela rend ce terme d’amour au sens propre d’un vulgaire sans pareil, il perd toute sa définition le plus noble. Pour exemple je ne peux pas dire aujourd’hui que j’aime mon café tout en disant à côté que j’aime mon Maître. Je crois bien, même très certainement qu’il mérite beaucoup mieux que tout ça.

A l’heure ou toutes les “Soumise-mais-pas-trop” maquillent leurs désirs d’amour derrière une relation qui tire quelque peut sur le sado-masochisme ou encore la Domination/soumission. Il est de mode de faire un semblant de buzz en s’autoproclamant amoureux réciproquement. Ce sentiment visiblement est pour eux le plus noble, le plus fort de tous, surpassant naturellement et sans l’ombre d’une hésitation l’émotion sexuelle, l’émotion douloureuse, et par dessus tout encore le sentiment de soumission et tout ce qu’il implique de si magnifique. Comme si c’était pour absolument tout le monde sur terre l’aboutissement ultime, et qu’elles se vantaient de l’avoir trouvé “elle”. Le summum, le point culminant de leurs relations que nous cherchons toutes : ce n’est pas vrai ! Il y à des femmes pour qui le désir de se soumettre est plus fort que tout, rien à voir avec l’amour. Alors c’est beau, c’est chou, c’est mignon, c’est tendre et c’est vanille, mais ce n’est pas moi ! Tout le monde se sens happé par ce dictât dont chacun s’éprend avec hypnotisme. Tout se confond.

A mon sens, tout est différent et à la racine. Je vogue vers des plaisirs de “vraie” soumission et l’aboutissement pour moi est totalement ailleurs. Pour ces personnes là, avec qui je ne partage vraiment aucuns principes du coup, je nage à contre courant. Surement l’explication au fait que je divise les foules, et que certains couples pour qui je n’ai pourtant aucun grief ne m’intéresse pas le moins du monde, sauf peut être par curiosité. Nous ne sommes pas sur les même planètes, simplement. Malgré tout, aujourd’hui plus qu’hier, je ressens cette ambiance de rejet et d’incompréhension virulente de quelques un(e)s de ceux-ci et je dois dire que ça m’horripile un peu plus de jour en jour. Voilà pourquoi j’avais envie aujourd’hui, dans une conjoncture qui m’est on ne peux plus propice de remettre les choses à leurs place me concernant.

Cela étant dit, j’aimerais évoquer cet amalgame permanent à notre sujet. L’amour, comme tout le monde se le représente ne nous caractérise pas mon Maître et moi. Nous ne sommes pas amoureux l’un de l’autre, même si nous partageons des sentiments tout aussi forts et qui s’en rapprochent beaucoup. Je crois sans me tromper que c’est le cas de beaucoup de couple exclusivement BDSM. Je pense notamment à tous ses soumis qui adulent leurs Maîtresses et se donnent sans aucunes limites pour elles. Je trouves ça assez beau, très émouvant et parfois si fort dans une relation aboutie. J’ai à l’esprit le blog de Madame Sylvania, cette Maîtresse publie les messages qu’elle reçoit de ses soumis. J’ai encore en mémoire la lecture de certaines confidences/aveux de ceux-ci : transperçant et profond, que d’émotion ! Concernant la part du dominant, c’est différent. Je ne saurai pas parler en leurs noms mais je suis persuadée que leurs émotions sont bien plus nuancées par rapport à ceux du (de la) soumis(e). De toute façon on en revient toujours plus ou moins au sources à mon avis : le (la) soumis(e) donne et le (la) Maître(sse) reçoit. Se sont des principes qui disparaissent un peu aujourd’hui, notamment dans les couples ou la femme est soumise, on à tendance à tout de suite considérer ces deux personnes comme un couple amoureux, alors qu’en réalité ce n’est pas exactement cela. L’amour est pour moi une valeur ajouté au couple BDSM.

Personnellement, je me suis ouverte à une alternative basée sur l’abandon et le don de soi, Les puristes me diraient : “Mais bien naturellement !” Puisque je suis soumise ! Sauf qu’aujourd’hui visiblement rien n’est plus très clair, le mouvement de mode engendré par les 50 nuances de Grey à semble t’il dilué certains principes généraux, il a envahi la sphère BDSM de personnalités bien différentes. Je crois que le don de soi est la plus belle des façons que j’ai trouvé jusqu’ àlors pour manifester à mon Maître tous mes sentiments pour lui, toute mon attache émotionnelle à son égard. Ces mots me rappellent étrangement mon tout premier article à sujet de la soumission.

Il est bien certain que cela me place quoi qu’on en dise dans le tiroir des étiquettés “hors norme snobinards” mais ça j’en ai franchement (et je vous le dit comme ça vient) rien à foutre! Personne, ni même la société toute entière ne réussira à m’imposer la façon dont je dois “aimer” mon prochain. Je le fais spontanément et naturellement, et je trouves que ça à beaucoup, mais alors beaucoup plus de valeur à mes yeux. Je suis même fière d’être différente, mon sentiment n’en est que plus authentique.

Ma déclaration

Il est temps pour moi, dans mon parcours de soumise, de prendre un peu de temps et réfléchir sérieusement à ce que je ressens au plus profond de moi, j’écoute alors mes émotions et j’essaie de comprendre quels sont mes attentes, mes désirs dans la relation que j’entretien avec Monsieur. Cette fois je prends mon courage à deux mains et je vais tâcher d’éclaircir cette part d’ombre sur ma situation.

Avoir des sentiments pour lui c’est bien, élémentaire même. Cela me lie à lui et me donne l’envie constante d’être toujours une bonne soumise, de m’améliorer chaque jour. Les sentiments sont nécessaires pour moi mais d’un autre côté, je sais qu’ils vont me faire souffrir d’avantage lorsqu’il sera temps pour nous de passer à autre chose; mais qu’importe.

Pour avancer j’ai besoin de sentiments c’est certain, de profondeur c’est élémentaire, de passion également, mais par dessus tout : de soumission, de douleur et de sexe avec tout ce que cela implique.

Vous dire que je n’ai pas de sentiments pour mon Maître serait vous mentir, malgré tout l’objectif de notre relation n’est pas là. Pour autant, rien ne m’empêche ou ne m’interdit d’avoir des sentiments à l’égard de Monsieur. Avant, j’ai cherché à me soumettre à des hommes qui sauraient me traiter sans sentiments, et faire preuve à mon égard de déconsidération. Mon Maître n’était pas un homme de ce genre, il à toujours tout désiré de moi, mon corps et ma psyché, absolument tout. Il m’a ouvert l’esprit sur tant de choses aujourd’hui… Pourtant je n’ai jamais cherché à mettre fin à la relation à partir de l’instant ou j’ai compris que nous n’avions pas les même attentes, et aujourd’hui je ne peux pas dire que j’ai fais une erreur, même si parfois cette situation me bouleverse et m’entraîne dans un état de questionnement assez déstabilisant. J’ai fini par comprendre que je ne pouvais pas vivre la facilité dans une relation qui soit confortable comme je l’avais idéalisé: assentimentale et totalement froide.

J’ai appréhendé ma relation si différemment de comment je la vie désormais…

Je me représentais une relation distancée. Un homme qui ne me réclamerais jamais mon amour et n’en aurait que faire de tous mes états d’âme. Je désirais cela, simplement pour l’humiliation et la souffrance que j’en tirerais. Aussi pour me protéger, pour ne pas prendre de risques, ne pas tout donner, être confortable. Après réflexion, mon attitude et mon idéal n’était pas digne des désirs que peu ressentir une soumise. Quelle soumise peut espérer le confort et la tranquillité ? Souvent on parle de douleur et d’inconfort physique mais la vrai souffrance et la difficulté peu finalement se trouver bien plus encore dans tout le penchant psychologique de la relation. Et donc j’ai compris que ne pas me donner corps et âme n’étais pas imaginable si je voulais vivre pleinement ma soumission et faire de ma relation avec Monsieur une réelle et belle histoire BDSM. Finalement, aujourd’hui, il m’aura ouverte à tant de belles émotions, ce blog et l’écriture en ont d’ailleurs été les premières réjouissances.

Je brûle de passion pour lui quitte à me consumer un jour.

Alors j’ai fait la promesse et le vœux de tout donner à Monsieur dès mes premiers pas dans la soumission à ses pieds.

N’avoir aucuns sentiments pour cet homme c’est ne prendre aucuns risques, ne rien donner pour ne rien recevoir, distancer. J’ai poussé tout de même le vice un peu loin; puisque quitte à avoir des émotions j’aurai préféré, dans ma situation rêvée, de la haine et du dégoût. J’ai longtemps souhaité un homme qui puisse me soumettre, me salir et me remplir de honte… c’est triste ce que je dis pour nombre de mes lecteurs, je veux bien le concevoir mais c’était une énième façon pour moi de souffrir très probablement. C’est d’autant plus maso que toutes les pires des douleurs physique et imaginable en mon sens.

J’ai appris avec mon Maître à pleurer dans ma sexualité, je me suis laissé baiser alors que j’étais submergée dans la douleur et la honte, mais le plus choquant n’est pas là, c’est surtout que j’ai jouis de ses situations si particulières. Je me suis mise à nue, la chair à vif et j’ai reçu mon Maître au plus profond de mon être, dans ses recoins les plus sombres et stupéfaite j’ai aimé !

Oui… J’ai aimé…

Mais jusqu’alors rien de choquant, c’est dans le fond le genre de situation que je désirais.  N’être rien qu’un trou qu’on viole dans l’effroi. C’est dégueulasse, c’est moche, c’est affligeant mais c’est ainsi que j’ai toujours attendu ma soumission. C’était mon désir initial, ma recherche vers l’épanouissement sexuel.

Mes figures masculines d’attachement m’ont très probablement appris les choses ainsi: cultiver la distance, la manipulation psychologique et l’art de rabaisser dans l’humiliation et la peur. D’ailleurs la peur m’excite beaucoup. Chacun pourra laisser sa part de psychologie en lui pour expliquer l’origine de tous mes penchants, l’important n’est pas là et cela ne fait pas pour autant de moi une femme malade ou déséquilibrée. Pour vous dire à quel point je suis cérébrale; avoir peur alimente ma libido d’une façon extraordinaire: sentir la badine fendre l’air fermement, entendre son bruit et sentir le bâton passer à quelques centimètres de ma peau devient “le” préliminaire par excellence.

Enfin bref, le temps passe et les choses changent considérablement. Mon maître m’a toujours réclamé de tout lui donner… Je me souviens de ce jour où il m’a dit très lentement en détachant chacun de ses mots les uns des autres ” je – veux – absolument – tout ” d’un ton très ferme mais calme à la fois en mettant sa mains de façon lourde et possessive sur toutes mes zones “d’intérêt” : mon sexe, ma tête et puis mon cœur. Avant de me répéter encore ces deux mots “Absolument – tout” dans un chuchotement lent, sa bouche à quelques millimètres de la mienne et le regard dur et noir posé sur mes yeux bas. Intimidant… déconcertant… je n’avais pas prévu les choses ainsi, c’était un moment extraordinaire.

Accepter la non-réciprocité – Tout donner – Y trouver son compte

Aujourd’hui je ne suis certaine que d’une seule chose, c’est que quoi qu’il se passe à l’avenir, demain ou dans dix ans, mon sentiment pour lui restera toujours le même, ma fidélité de soumise également. Il n’y aura jamais eu qu’un seul Maître dans ma vie et c’est lui.

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