Le Subspace

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Le subspace : voilà quelque chose dont on entend beaucoup parler sans pour autant savoir de quoi il s’agît exactement. Pourtant ce sujet a l’air omniprésent partout dans le Sadomasochisme même si curieusement, il est très discret à la fois. Tout le monde en a entendu parler un jour mais personne ne sait de quoi il en retourne vraiment. Chacun a son expérience pour soi mais personne n’a de franche certitude même quant à ses propres ressentis. Ai-je déjà vécu le subspace? Plus simplement encore, comment y arriver ? C’est un terme un peu mystérieux dans lequel nous pourrions tout y mettre sans avoir la certitude de rien. Avant de vous écrire cet article, je me suis mise à faire quelques recherches pour me documenter à ce sujet, pour voir si justement, il y a quelque chose d’assez scientifique relatif au subspace dans la littérature. Très étonnamment, je n’ai rien trouvé, mais vraiment rien. Alors j’ai décidé de procéder différemment…

Voici donc pour vous ma recherche et mon développement au sujet du subspace.

Je me permets tout de même de vous mettre en garde vis-à-vis du contenu de cet article. J’ai essayé d’être la plus réflexive et démonstrative possible. Malgré tout il s’agit toujours là de ce que je pense au sujet du subspace sans que je puisse pour autant vous délivrer une vérité absolue, même si je vais faire le maximum pour vous apporter un regard franc et scientifique sur le sujet. Aussi, contrairement à d’habitude, je parle de quelque chose dont je n’ai aucune expérience, cet article étant dans l’objectif d’éclaircir avec mon regard (le plus neutre soit-il) ce sujet une bonne fois pour toute.

Que sais-je du subspace ?

D’en avoir entendu parler ci et là, le subspace a très vite piqué ma curiosité. C’est un sujet qui me questionne de plus en plus. Lorsque j’y songe un peu, je ne pense pas avoir connu cet état. Mais si je ne sais pas moi-même exactement de quoi il s’agit, comment savoir si je l’ai vécu ou non ? Je constate un peu cette attrait au subspace et cette revendication des masochistes à l’avoir vécu comme étant le plaisir ultime, une sorte d’orgasme du masochiste. Comme si le maso cherchait à l’atteindre, et que s’il vit ses moments de douleur, c’est dans l’objectif entre autres de conduire son chemin vers celui-ci… Vraiment très curieux et passionnant à la fois ! Mais quel est donc cet état si incroyable ? S’il n’est pas seulement un trophée de la course à la performance maso, alors ce sujet mérite à ce que l’on s’y intéresse de beaucoup plus près à mon avis.

Un seul vecteur : la douleur

La douleur est une réponse neurologique du corps humain qui peut parfois être la conséquence d’une stimulation externe pour mettre en alerte face à un danger. Pour une très large majorité des hommes, cette douleur est désagréable, et l’humain tend à éviter cette sensation par tous les moyens, qu’ils soient médicamenteux ou dans l’évitement simplement.

Cependant, il existe une toute petite partie des humains qui sont vraisemblablement différents… Oui, absolument ! Ces personnes là, appelées masochistes aiment la douleur, ils la désirent et cela devient vecteur fondamental de plaisir pour eux. Il n’existe rien à ma connaissance de scientifique pour justifier de pareils comportements. Comment expliquer alors que certaines personnes s’extasient dans le ressenti de toujours plus de douleur ?

Ce désir hors du commun et cette attirance pour la douleur est absolument relative à chacun des concernés. Certains l’aiment profonde, certains l’aiment longue, forte, d’autres légère et avec parcimonie. L’important n’est pas ni dans la force, ni dans la quantité, l’important c’est surtout dans le ressenti de chacun, la douleur se doit d’être adaptée et mesurée bien évidemment.

Approche personnelle du subspace

Ce qu’il faut retenir c’est que tout comme pour la douleur, le rapport que l’on a vis-à-vis de ce fameux subspace est tout à fait unique et personnel. Certains diront atteindre le subspace au bout de quelques fessées et d’autres diront qu’il leur faut se faire suspendre par la peau pour planer dans le subspace. Qui croire ? Mais avant tout ; est-il vraiment possible de se « défoncer » par la douleur. Est-ce que déjà je pourrais corroborer scientifiquement cette hypothèse ?

Croire au subspace

Il le faut, cependant ce n’est pas si évident. A l’origine j’étais très sceptique à ce sujet. J’entendais des discours contradictoires et beaucoup de personnes qui semblaient tous de façon unanime détenir une vérité absolue. Jusqu’au jour ou j’ai rencontré un perceur dans mon quotidien de fille « vanille » qui m’a parlé du subspace de lui-même. Il m’a dit s’être fait susprendre le corps tout entier par de gros hameçons plantés à même la peau. J’y ai longuement réfléchi et j’imaginais sa peau se tendre au bout des points d’ancrage par la force de son poids. Tout de suite j’ai visualisé le subspace : cette douleur poussée à son extrême pourrait-elle encourager le corps à libérer tellement d’hormones qu’il répondrait par forfait par un état de « trans », comme une forme d’abandon du corps dans sa perspective la plus douloureuse qu’il soit possible d’imaginer ? Tout à coup c’est un peu plus clair dans ma tête. Voilà comment j’ai commencé à expliquer ce phénomène passionnant. Les jours suivants sont passés et je me questionnais de plus en plus…

Se donner une explication rationnelle

J’en viens tout logiquement à là : les hormones ! Tout se résume à ce seul mot, ces neurotransmetteurs responsables finalement de beaucoup de choses dans notre corps, plus particulièrement l’endorphine, cette hormone qui naît au cœur de notre cerveau (dans des glandes cérébrales appelées hypophyse et hypothalamus). Tout ce voyage magnifique entre douleur et plaisir se joue à cette seule hormone. Mais tout comme moi, vous n’allez pas vous suffire de cette très brève explication. Alors la suite c’est par ici, suivez-moi…

Outrepassons les hormones bien que très sollicitées dans notre monde que sont l’adrénaline (hormone du stress et de l’excitation que j’adore, motivée par la peur qui peut se manifester en vague de décharges dans mon corps), la dopamine qui nous rend heureux et d’autres encore qui ne manquent pas d’intérêts à mes yeux curieux. Pour l’heure il est question d’endorphine exclusivement.

L’endorphine est une « drogue » naturelle, une opiacée. Le corps la fabrique pour lutter contre la douleur et lors d’efforts physique. Mais pas seulement, on l’appelle aussi l’« hormone du bonheur », car elle se développe de la même façon lors de l’orgasme (de quoi ouvrir grand très grand les portes du « jouir par la douleur ») Elle provoque un effet relaxant d’abord, visant à augmenter l’état de bien-être et peut à terme avoir des effets euphorisants.

Ainsi, de la même façon qu’un homme prendrait de la morphine pour de vives douleurs, le drogué l’utilise pour planer. Avec l’endorphine, c’est une façon totalement autonome et artisanale de « droguer » son corps avec… son corps. Aux petits efforts de petites décharges d’endorphine et aux grands efforts : le subspace ? C’est aussi simple que ça.

Le moment venu, dans le summum de la libération d’endorphine, je suppose alors qu’il est tout à fait possible d’entrer dans un état de trans, d’atteindre son propre nirvana d’endorphine. Personnellement, tout ça me met l’eau à la bouche.

Concrètement…

Je comprends alors beaucoup mieux l’expression « Tu fais du sport ? Mais tu es maso ! » Eh bien oui 😉 Nous avons donc cet intérêt commun, les maso et les sportifs pour la course à l’endorphine… Souffrir pour le plaisir ! Les sportifs tout comme nous sommes dépendants de cette hormone qui nous fait tant de bien. Une jolie façon aussi d’expliquer de tels penchants pour la douleur je trouve. En tout cas, cet article m’aide à rationaliser mes envies et milite dans le cursus de mon acceptation masochiste.

J’en viens même à me demander pourquoi donc tout le monde ne s’y met pas ? (Rire) Simple question d’appréciation personnelle nous en conviendrons. Mais après tout, ne dit-on pas que de nombreuses femmes apprécient la fessée au lit ? Et les hommes se faire griffer sauvagement le dos ? Je m’égare…

Je m’explique aussi pourquoi le subspace est si compliqué à définir, pourquoi parfois je me sens après des séances très poussée comme égarée et perdue, calme et paisible, silencieuse et retournée sur moi-même. C’est l’afflux d’endorphine qui me rend ainsi. Le subspace n’est pas quantifiable ou délimité, le fait de « se sentir planer » est relatif selon chaque individu, comme pour absolument tout le reste. Alors en réalité, je pense que c’est surtout une espèce de quête de ses propres limites, à vouloir toujours ressentir davantage l’effet de l’endorphine sur soi. N’ayant jamais moi-même ressenti le véritable état de « trans » je ne sais pas jusqu’où je devrai aller pour que mon corps sature à m’en faire court-circuiter les neurones… La seule chose dont je suis certaine, c’est que cela promet pour moi encore de nombreux voyages merveilleux en ces terres si belles que celle du masochisme…

J’espère avoir réussi à éclairer une certaine zone d’ombre pour certains d’entre vous tout en rappelant bien qu’il s’agit là d’une réflexion personnelle n’engageant que moi. Bien entendu, je vous invite à partager vos expériences personnelles à ce sujet, car curieuse je le suis toujours !

De la documentation / mes sources

Il existe beaucoup de sites vraiment très intéressants à ce sujet qui brossent avec davantage de science tout ce qui touche à l’endorphine et au sport. Quid du sado-masochisme dans la littérature de notre ère, mais aujourd’hui avec cet article : CQFD !

Celui que je vous conseille de lire absolument si vous voulez pousser plus loin la réflexion est le suivant : http://rc.vandoeuvre.free.fr/kiosquemed/endorphines.htm

http://sante-medecine.journaldesfemmes.com/faq/12416-endorphine-definition

https://neuropedagogie.com/bases-neuropedagogie-neuroeducation/la-chimie-du-cerveau.html

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