Clarisse dans les cordes – Partie 3

Non, la soirée n’était pas finie, à mon plus grand plaisir ! Nous passions tous les trois au dessert, et le mien allait sans que je ne puisse le deviner avant être d’un goût très spécial, avec un parfum incroyable de « revient-y » qui me hante encore aujourd’hui.

Je regardais les cordes, encore et encore et je demandais alors à Monsieur Dante s’il pouvait m’y essayer juste un peu. Je voulais voir rapidement ce que c’est que de se faire encorder sans y perdre non plus des heures. Car j’étais assez septique cette fois. Les cordes n’ont jamais été vraiment mon truc. Je préfère de très loin de sexe, sans perdre des heures à se faire saucissonner la bidoche avec des cordes de chanvre.

Monsieur Dante et Aur me mettent en garde, s’il y a quoi que ce soit je dois le formaliser tout de suite, et j’avoue que malgré la confiance absolue que je leur fait, je commence à avoir un peu peur. Les cordes peuvent-elles vraiment être si dangereuses que ça ?

Je vais passer très rapidement sur la partie technique de l’encordement, car je crois que cela n’a pas grand intérêt. Ce qui compte surtout pour moi, ce qu’il m’importe de vous transmettre, c’est le voyage que j’y ai fait…

Bien qu’un peu angoissée, j’avais hâte d’être encordée et surtout, j’étais très curieuse. C’était là ma première fois dans les cordes, même si furtivement, mon Maître s’y était essayé une fois, il y a déjà un moment.

Nous étions tout à coup tous les trois assez sérieux, j’étais quasi nue, immobile et debout. Monsieur Dante passa une corde à ma nuque et me l’a nouée autour du cou comme un cravate. Je souris, j’essaie de rester sérieuse. J’inspire comme pour me contenir, rattrouper mes esprits à cet instant solennel. Moi qui suis plutôt du genre à ne pas tenir en place, je me demandais comment mon corps et mon esprit allaient-ils bien recevoir ce moment dans les cordes.

Les cordes ont tout de suite eu cette capacité à nous plonger dans un climat différent, assez sérieux, lent, calme, cérébral et presque apaisant. Je dis « presque », car j’étais tout de même assez angoissée, j’ai du mal de lâcher prise, mais quand j’y arrive, le voyage est toujours merveilleux !

Monsieur Dante me tourne autour, et moi, je me laisse ligoter. Pour commencer, il ne m’attache à rien. Il s’applique seulement à encorder mon corps debout et droit. Il fait des nœuds ci et là, et il avance petit à petit. Je peux toujours bouger à ma guise, sauf peut-être mes épaules qui elles sont parfaitement immobilisées. Mon sexe et nu et pour terminer mon « habillement » MrDante fait passer deux cordes entre mes lèvres. Lorsqu’il les tire pour bien les tendre, mes yeux s’écarquillent une seconde et ma respiration s’arrête. Mon sexe s’échauffe et j’aime beaucoup ça !

Je me place ensuite contre l’une des colonnes de la pièce. Monsieur Dante m’y attache, par les épaules, le buste, pour terminer avec les jambes et les pieds. L’angoisse ne me quitte pas, et plus la contrainte s’impose, moins je fais la fière. J’ai beaucoup de mal à lâcher prise une fois encore. Je crois surtout que les conditions psychologiques dans lesquelles je me trouve ne sont pas parfaitement propices à ce genre d’amusement.


Cependant, je mets toutes les chances de mon côté, j’ai confiance et je me sens globalement bien.
Une fois attachée, j’imagine être aussitôt libérée, mais je crois que l’occasion pour ce couple est trop belle pour me délivrer aussi vite. Je crois qu’au fond de moi, j’ai très envie de rester là, et de m’abandonner enfin. J’y songe beaucoup, et je vois ma peine, ma retenue. J’ai tout à coup le flash de mon Maître qui revient me hanter. Si je lâche prise là maintenant, je crois que je pleure. Alors je me retiens, et je ravale mes larmes. Je ressens la complicité qu’il faut pour se faire encorder, et à cet instant bien précis, je regrette avec une si grande amertume de n’avoir mon Maître à mes côtés. J’aurais tant aimé vivre ça avec lui, partager ce que je ressens à cet instant bien précis. Lâcher prise avec lui, pour lui, en communion avec lui.
Je ne saurais décrire plus exactement l’état d’esprit dans lequel je me trouve à cet instant bien précis. Il s’agit d’un mélange très subtil et plutôt déroutant.

Je voudrais bouger, mais mon corps m’en empêche, je suis debout et droite alors que je ne fais plus le moindre effort physique pour tenir la position. Je n’ai envie que d’une chose : fermer les yeux et ressentir d’abord un à un, puis tous ensemble chaque point de contact entre les cordes et moi. Je suis fascinée et emportée même si je reste cependant sur la réserve, comme retenue par quelque chose que je pouvais parfaitement caractériser, mais dont je ne pouvais aucunement me défaire.

Je recouvre mes esprits et rejette mes pensées négatives mais je comprends très vite que je ne pourrais pas aller au bout de l’expérience sur le plan disons psychologique. Je repense à mon article au sujet de la contrainte que j’ai tant aimé écrire, l’un de ces articles philo que j’affectionne tout particulièrement. Quand je pense que je n’avais pas l’expérience du bondage lorsque je l’ai écrit, aujourd’hui, ce que je vis-là ne fait que renforcer mon ressenti de toujours : « Se laisser contraindre pour se libérer » et je trouve ça franchement fabuleux !

Aur s’approche avec le wand : je ris nerveusement ! J’ai l’air détendu, mais j’ai peur de subir la torture. Et tout ça m’excite tout à coup furieusement. Les frissons me parcourent le corps de la racine de mes cheveux jusqu’au bout de mes orteils. Monsieur Dante d’une connivence diabolique avec Aur s’approche pour, sans mot dire, écarter d’un geste franc les deux cordes qui passaient entre mes lèvres ! Oh ! Superbe technique, je sens-là l’expérience du geste que je n’aurais jamais pu prévoir : très malin ! Je sursaute et je ris encore, nerveusement toujours. J’adore au plus haut point cette situation. Se voir utiliser sans pouvoir résister, que ce couple travaille mon anatomie sans considérer mon avis sur la chose, ni même chercher à le recueillir, en parlant de moi à la troisième personne m’excite au plus haut point.

Je voudrais libérer mon esprit, mais je peine toujours, je me sens retenue, pourtant, j’ai tellement envie de lâcher prise. Je ne pensais pas voir notre relation mon Maître et moi de cette façon un jour ; comme un poids insupportable qui m’empêche de m’épanouir aujourd’hui. Je ne veux pas rentrer chez moi ce soir et regretter d’avoir gâché mon plaisir. Alors je force, autant qu’Aur et Dante avec le wand sur mon bouton. J’aime beaucoup, mais je ne jouirais pas de la sorte. Je me dandine et savoure malgré tout, même si je commence à accepter l’idée que mon plaisir ne sera pas total pour cette fois.

Aur s’arrête, mais Monsieur Dante n’a toujours pas prévu de me détacher. Je me demande bien ce qu’ils vont faire de moi à présent… Je ne tarderai d’ailleurs pas à le savoir… Puisqu’une cravache à la main, il s’approche de moi et me caresse d’abord gentiment le corps. Le cuir sur ma peau réveille encore en moi de douloureuses émotions, mais cette fois mon regard change, mes yeux sont noirs et la soumise maso que je frustre depuis au moins 6 mois se réveille tout à coup…

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Je reçois quelques coups de cravache avant de prendre le bon sur la fesse gauche.
Mon souffle se coupe et mon corps immobile refuse toujours de bouger, c’est… Extraordinaire !! Je lève les yeux au ciel. Ce coup me soulage, comme si je renouais aujourd’hui avec la douleur. Comme si dans ma soumission, je n’avais pas encore tout perdu… La cravache sur mon corps, puis le fouet sur mes seins sans oublier les cordes encore et toujours me permettent un voyage merveilleux même s’il est vécu replié sur moi-même. Je crois que je ne suis pas prête aujourd’hui à céder cette part de ma sexualité à quelqu’un d’autre que le seul qui ne m’y ai jamais complètement rencontré et apprivoisé. Un jour peut-être. 

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Avant d’être enfin graciée, je m’octroie un moment doux avec Aur, qui pour terminer ce moment en beauté vient m’apporter avec sa bouche tout contre la mienne des fruits.
Je termine donc ce moment avec sérénité tout contre les lèvres douce et chaleureuse de cette femme qui n’appelle qu’à la tendresse. Je gémis, mon plaisir et sans fin et mon corps est brûlant dans tous les sens du terme.

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Je rentre chez moi dans la nuit avec des étoiles plein les yeux. Mon corps vibre comme je ne l’avais pas ressenti depuis très longtemps, la douleur étant quelque chose qui ne me quitte pas, je renoue là avec un plaisir si singulier, si salvateur. Je remercie une fois encore mes hôtes pour la soirée qu’ils m’ont permis de vivre. C’était vraiment extraordinaire. Ce sont des gens qui me redonnent de l’espoir en beaucoup de choses, en espérant leur apporter autant de plaisir qu’ils ont su le faire pour moi…

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Je voulais aussi faire un petit aparté au sujet des cordes : je crois qu’il faut vraiment le vivre pour le croire. Moi qui pensais à un effet de mode, à une démarche qui touche à davantage d’esthétique que de voyage de l’esprit, j’ai été secouée par cette expérience bien qu’elle fût brève et complexe pour moi. J’ai passé plus d’une semaine à rêver de cordes toutes les nuits sans exception, et désormais, c’est quelque chose que j’ai très envie de revivre, mais pas avant d’avoir réussi à panser certaines plaies intérieures. J’ai tellement envie de lâcher prise dans les cordes que cela en devient presque obsédant…

Pour lire ou relire la première et la seconde partie de ce récit c’est ici :

 

 

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